Après le coup de sifflet final, la République Démocratique du Congo a vécu un moment historique et le peuple s’est retrouvé dans un même élan de joie et de fierté. Pendant quelques heures, les tensions que traversent ce pays ont semblé s’effacer. Les débats politiques sur le changement de la constitution, les divisions tribales, les inquiétudes sécuritaires et d’autres frustrations du quotidien ont laissé place à une seule émotion partagée : l’honneur de voir les léopards tenir tête à une équipe aussi redoutable que le Portugal. Cette communion spontanée et presque naturelle en impressionne plus d’un.
Comment le football réussi-t-il à réunir une population divisée par les crises et les divergences politiques depuis plusieurs mois ? s’interrogent des observateurs. Dans les rues, les bars et même sur les réseaux sociaux, les Congolais avaient un même moral, vibraient au même rythme. Un même espoir, un même maillot, ce match est aujourd’hui un symbole d’unité nationale. Des messages de félicitation ont jailli de partout venant des acteurs politiques de la majorité comme de l’opposition. Dans plusieurs villes, les images des réseaux sociaux ont montré des supporters dans les rues en train de célébrer la performance des Léopards, tous mélangés, oubliant des préoccupations individuelles au profit d’une fierté commune. Au-delà d’un résultat sportif, cet événement a révélé la force d’un sentiment d’appartenance commun que nombreux croyaient inexistant. Ce genre de moment rappelle que les divisions qui occupent l’espace public ne reflètent pas toujours ce qui préoccupe la population. Derrière chaque désaccord et chaque tension, il existe un attachement commun à la nation, à son histoire ou à ses aspirations.
Pendant quelques heures les BANGALAS, BALUBAS, BAKONGOS et les BASWAHILIS de toute part, même de la diaspora, ne se sont pas définis par leurs opinions politiques ou leurs origines mais par leur appartenance à la RDC, dansant le FIMBU (une chanson de victoire). Notons qu’avant ce match, les débats publics étaient dominés par des désaccords, des insultes, des messages de haine. Ce mercredi, lorsque les Léopards sont entrés sur le terrain, ils ne représentaient ni une obédience politique ni une province en particulier. Ils portaient l’espoir de tout un peuple, rappelant que certaines causes ont encore le pouvoir de rassembler là où le chaos a élu domicile. L’égalité obtenue face au Portugal n’a pas résolu les problèmes de la RDC mais a offert un aperçu de ce que peut produire un sentiment d’attachement à un intérêt commun. Cette unité n’a été que passagère sans doute, mais elle a montré que le sentiment national demeure vivant et qu’il peut encore constituer un point d’appui pour renforcer la cohésion nationale.








