Dans le cadre de la campagne électorale, le débat présidentiel opposant les deux candidats qualifiés pour le second tour de l’élection présidentielle péruvienne, Keiko Fujimori (parti Fuerza Popular) et Roberto Sánchez (parti Juntos por el Perú), s’est tenu hier, dimanche 31 mai. Les candidats ont présenté leurs principales stratégies de gouvernement sur des thèmes clés pour la population : sécurité citoyenne, renforcement de l’État démocratique et droits de l’homme ; éducation et santé, économie, emploi et réduction de la pauvreté.
Pourquoi devrais-je être présidente du Pérou ?
Dans un premier temps, la candidate Keiko Fujimori a dressé un bilan des effets de la crise socio-économique du pays (insécurité citoyenne, salaires insuffisants, peur de l’extorsion, système de santé défaillant, etc.) et a souligné que le pays ne devait pas répéter la « recette qui a déjà échoué en 2021 ». « L’ordre ou le chaos, telles sont les deux options qui s’offrent au pays. Notre pays a besoin d’être remis en ordre, et non détruit comme le propose la formule Castillo–Sanchez-Antauro. Nous avons un atout majeur : nous avons réussi à constituer une équipe dotée de l’expérience et des capacités nécessaires pour résoudre ces problèmes », a-t-elle déclaré d’emblée.
À son tour, Roberto Sanchez a mis en avant ses origines modestes et les valeurs ancestrales de sa famille, et a déclaré : « Je ne décevrai pas mon peuple, je suis un homme de foi. J’ai été ministre, j’ai travaillé toute ma vie. Je comprends la méfiance de la population envers les politiciens, et elle a tout à fait raison, mais nous ne pouvons pas perdre espoir. Je connais les besoins du Pérou car j’ai été formé pour cela. Construisons ensemble un avenir meilleur. Ensemble, nous allons travailler pour sauver notre démocratie des griffes de ceux qui, depuis plus de 10 ans, ont pris le pays en otage, subverti le système judiciaire, à savoir Fuerza Popular et Mme Keiko Fujimori. Compatriotes, ensemble, nous allons rétablir la démocratie pour tous les Péruviens ».
Équipe et stratégies
Les deux candidats ont mis en avant l’équipe technique qui les accompagnera dans un éventuel gouvernement, composée de personnalités possédant une expertise importante dans différents domaines stratégiques. Parmi les figures de proue, on peut citer Luis Carranza et Pedro Francke (économie), Carlos Neuhaus et Gustavo Guerra García (infrastructures), Sinecio Lopez et Vladimiro Huarocc (réforme de l’État), entre autres ; ces derniers se sont affrontés lors d’un premier débat la semaine dernière.
Au milieu des échanges et des accusations sur la situation actuelle du pays, les deux candidats ont présenté leurs propositions en matière de sécurité : « Plan de pacification nationale, recours aux forces armées aux frontières » (Fuerza Popular) ; tandis que Juntos por el Perú a mis en avant « l’assainissement et la professionnalisation de la police nationale, l’abrogation des lois favorables à la criminalité ». Pour le renforcement de l’État démocratique et des droits de l’homme, l’accent a été mis sur « le référendum et la décentralisation » (Juntos por el Perú) et « les travaux d’infrastructure tels que les routes » (Fuerza Popular).
En matière d’éducation et de santé, « la télémédecine, des fonds pour les maladies coûteuses, des programmes de soutien scolaire (petits-déjeuners) » (Fuerza Popular) et « un budget pour les bourses, un psychologue par école » (Juntos por el Perú) ; tandis qu’en matière d’économie, « un budget accru pour le programme Juntos, l’industrialisation du pays » (Juntos por el Perú) et « une fiscalité nulle pour les micro-entreprises et l’accès à des crédits à taux préférentiels » (Fuerza Popular).
En conclusion, Keiko Fujimori a reconnu ses erreurs au cours de sa carrière politique et a demandé qu’on lui donne l’occasion de gouverner ; tandis que Roberto Sánchez a appelé à un consensus pour vaincre le fujimorisme et transformer le pays dans la justice et l’équité.








