Après avoir soutenu une thèse sur « population et territoires du Pérou entre 1876 et 2005 » à l’Université Paris 5, Vidal Pino Zambrano a pu, comme Maire de Cusco, l’ancienne Capitale Inca, mettre en pratique ses années de recherche multidisciplinaire relatives à l’occupation et au développement du territoire, à l’utilisation des ressources naturelles, à l’organisation de la production, ainsi qu’aux infrastructures agro-pastorales et plus largement à l’économie et à la culture Inca. Professeur d’Université, docteur en ethnologie et sociologie, il a publié un ouvrage de référence sur les Incas : « Los Incas, Población y Producción entre la fantasia y la realidad ». 

Dans ce livre, Vidal Pino ZAMBRANO et Helga Cecilia FRECH H. analysent comment les connaissances, l’action humaine et les institutions (publiques et privées) configurent le développement rural dans les Andes et en Amazonie péruvienne.

À travers une perspective interdisciplinaire qui articule économie institutionnelle, sociologie des connaissances et théorie du développement, l’ouvrage propose de comprendre les connaissances rurales comme un processus socialement distribué, adaptatif et évolutif.

Le texte s’organise en quatre chapitres. Le premier chapitre aborde la gestion des connaissances depuis une perspective épistémologique, au niveau familial, en interprétant la famille paysanne comme une unité entrepreneuriale et cognitive où l’action humaine et la créativité orientent la coordination sociale, ainsi que la gestion collective et communautaire des connaissances. Il met en avant les contributions d’Ostrom, Polanyi et Bourdieu sur la coopération, les institutions locales et les biens communs.

Dans le deuxième chapitre, l’on analyse la rencontre entre les savoirs locaux et les technologies externes, en s’inspirant de Hausmann pour expliquer comment les communautés réinterprètent et adaptent les connaissances techniques globales et comment elles intériorisent, adaptent et socialisent les connaissances, en se basant pour cette analyse dans les théories de Kolb et de Nonaka & Takeuchi.

Le troisième chapitre se concentre sur les institutions et les politiques de gouvernance des connaissances rurales, en reprenant les approches de Sen, North, Rodrik et Evans pour proposer des modèles adaptatifs qui renforcent les capacités locales et l’innovation institutionnelle.

Finalement, le quatrième chapitre présente une analyse sur la rigidité instrumentale qui tend souvent à simplifier la complexité rurale et de cette façon, à limiter l’action humaine, l’innovation et l’autogestion communautaire. Par la suite, l’on propose des alternatives agiles qui s’adaptent à la complexité, à la diversité et au dynamisme du territoire rural andin-amazonien.

Ensemble, le livre propose un changement de paradigme : passer du transfert technologique à la reconnaissance de l’intelligence sociale comme base de la durabilité dont l’innovation rurale émerge de la base, de l’action créative, coopérative et collaborative entre les communautés andines-amazoniennes et le développement technologique.