Le court métrage de fiction canadien « The Moth », réalisé par Michelle Derosier et Zoe Gordon, figure parmi les principaux lauréats du 15e Festival international du film Uranium de Rio de Janeiro 2026. « The Moth » a reçu le Prix de l’Esprit Autochtone du festival. La cérémonie de remise des prix a eu lieu le samedi 30 mai 2026 à la Cinémathèque du prestigieux Musée d’art moderne (MAM Rio).
THE MOTH
Canada, 2025, Réalisatrices et productrices : Michelle Derosier, Zoe Gordon, Avec : Sarah McPherson, Fiction, Langues : anglais, ojibwé, 19 min 05 s. – Nous sommes en 2039 dans la Première Nation d’Omagakii. Le territoire est ravagé par les mines de lithium et la Société canadienne de gestion des déchets nucléaires a enterré 100 000 tonnes de déchets nucléaires venant du Canada. Rares sont ceux qui étaient préparés à une telle catastrophe. Une Ogichidaa-Kwe qui a refusé d’évacuer survit isolée, continuant d’aimer et de résister tandis que tout autour d’elle devient malade.
DÉCLARATION DU JURY
« Le court métrage « The Moth » [le papillon de nuit], réalisé par les cinéastes autochtones Michelle Derosier et Zoe Gordon, nous a inspirés pour créer le Prix de l’Esprit Autochtone. Ce prix récompense les films qui reflètent la sagesse, la culture et la pensée autochtones, afin de sensibiliser le public à la menace que représente le « Monstre Jaune », comme l’appelle l’acteur et militant navajo Norman Patrick Brown. Que faire lorsqu’on apprend que des déchets nucléaires de haute activité seront déversés sur sa terre sacrée ? Ce court métrage de fiction apporte une réponse à ce profond désespoir. Il témoigne de la douleur, de l’amour, de la force et de l’art de la cinéaste anishinaabe Michelle Derosier. Coréalisé par Zoe Gordon, « The Moth » est la réponse collective de toute l’équipe du film et mérite amplement le Prix de l’Esprit Autochtone du Festival international du film sur l’uranium. D’ailleurs, le public de la Cinémathèque, parmi lequel se trouvaient environ 200 élèves de 15 à 19 ans venus assister à la projection de « The Moth », a chaleureusement applaudi Zoe Gordon. »
Márcia Gomes de Oliveira et Norbert Suchanek, directeurs du Festival du Film d’Uranium.

DÉCLARATION D’ACCEPTATION DU PRIX

« Le Festival du film sur l’uranium de cette année a été une expérience marquante pour moi. Notre film était parmi de nombreux films qui montraient le lourd fardeau qui pèse sur les populations et les territoires utilisés pour la fabrication d’armes atomiques et la production d’énergie. Malgré tout, c’était une véritable fête. J’ai passé un excellent moment et je me sens inspirée, sachant que je suis en lien avec des artistes du monde entier qui se soucient de ces questions. »
Zoe Gordon, The Moth
La photo montre Zoe Gordon en compagnie de l’artiste brésilien Victor Damado, qui travaille avec des matériaux recyclés, à Santa Teresa, Rio de Janeiro. Avec son père Getúlio, il réalise le trophée du Festival du film sur l’uranium. Photo : Norbert Suchanek
À PROPOS DU FESTIVAL
Depuis 15 ans, le Festival international du film sur l’uranium (IUFF) sensibilise le public aux risques liés à l’énergie atomique et promeut le désarmement nucléaire grâce à des films indépendants et des tables rondes d’experts du monde entier. En octobre 2024, le magazine hollywoodien MovieMaker l’a classé parmi les « 25 festivals de cinéma les plus intéressants au monde en 2024 ». En 2025, ses cofondateur·rice·s, Márcia Gomes de Oliveira et Norbert Suchanek, ont reçu à New York le prestigieux « Nuclear-Free Future Award » dans la catégorie Éducation. Le Festival du film sur l’uranium, et plus particulièrement celui de Rio, s’adresse tout particulièrement à la jeune génération.
« Vous n’avez jamais vu deux personnes accomplir autant que Márcia Gomes de Oliveira et Norbert G. Suchanek, partenaires dans la vie comme dans leurs projets, qui dirigent le Festival international du film sur l’uranium en étroite collaboration avec des militants du monde entier. Le festival a lieu à Rio, mais organise également une vaste tournée aux États-Unis, dans les régions touchées par l’industrie liée à l’uranium. Inévitablement, on se demande s’il existe suffisamment de films sur le sujet pour justifier un festival. La réponse est oui. C’est parce que le problème est vaste : il touche les 50 États américains et bien plus de régions du monde qu’on ne le pense. De la nation Navajo à Las Vegas, en passant par Chicago et bien d’autres endroits, ce projet d’art DIY [Do it yourself – fait maison], militant et participatif, rassemble les gens dans un espace de soutien, d’éducation, d’indignation partagée et de convivialité. Le Festival du film sur l’uranium est un exemple rafraîchissant de ce que peuvent être l’activisme et le plaidoyer : inclusifs, ambitieux et festifs. » Hadley Austin, Magazine MovieMaker

Le Festival du film Uranium, contrairement à d’autres festivals de cinéma qui bénéficient du soutien de grandes entreprises, repose sur les dons. Afin d’assurer sa pérennité, nous vous remercions d’avance pour votre générosité.
Cliquez ici pour faire un don à info@uraniumfilmfestival.org via PayPal.
Traduction : Evelyn Tischer








