La Coupe du monde de football est la compétition sportive qui suscite le plus grand intérêt dans pratiquement tous les pays de la planète. Bien que les équipes participant à cette compétition soient peu nombreuses par rapport au nombre total de nations dans le monde, il n’en demeure pas moins que celles qui ne se sont pas qualifiées vibrent tout autant à chaque match et se préparent aussitôt à rejoindre cette compétition quatre ans plus tard.
En pleine période de graves conflits armés, la FIFA n’en tient aucun compte et s’autorise à organiser son mondial sur n’importe quel continent. Dans ce cas précis, elle répartit même les activités entre le Mexique, le Canada et les États-Unis, malgré les relations tendues qu’entretiennent deux de ces nations avec le pays gouverné par l’insensé et imprévisible Donald Trump.
Il s’agit d’une fête dont les protagonistes sont des milliers de footballeurs, d’entraîneurs et d’entrepreneurs du football, qui parvient à remplir de nombreux stades mais surtout à attirer des millions de téléspectateurs de toutes les latitudes. Un spectacle énorme qui brasse plus d’argent qu’aucun autre événement au monde, et où l’on peut observer la grande diversité de ses acteurs principaux, les footballeurs. Blancs, noirs, métis, asiatiques et de toutes les expressions ethniques, sous l’impératif de respecter l’identité de chacun et de s’abstenir de toute manifestation raciste sur les terrains comme dans les tribunes.
Ces affrontements nous servent tous à prendre conscience de la diversité physique et culturelle de notre population mondiale. Cela se remarque notamment avant le début des matchs, par exemple à travers les différentes invocations religieuses des joueurs, étrangères à toute forme de fanatisme ou d’intolérance.
Si seulement les organisations multinationales et les gouvernements des pays pouvaient tirer des leçons d’un événement aussi important. En particulier une entité comme les Nations Unies, sous tutelle des nations les plus riches et puissantes de la planète, qui s’abstiennent d’intervenir là où règnent l’injustice, des blocus comme celui de Cuba et de la Palestine, la discrimination raciale flagrante, le mépris des droits des femmes et les atteintes à la nature.
Le Mondial remplit les stades et les audiences médiatiques dans des régimes ségrégationnistes et dans le vaste monde qui s’oppose aujourd’hui aux migrations — comme c’est le cas au Chili, désormais à la chasse aux « illégaux », un véritable euphémisme employé pour expulser de notre territoire des Vénézuéliens, Colombiens, Péruviens, Boliviens, Haïtiens et d’autres frères latino-américains. Pas seulement ceux qui sont effectivement venus commettre des délits, mais aussi les milliers de travailleurs devenus un soutien fondamental de notre économie, que ce soit dans l’agriculture, les mines ou les services.
Les migrations sont un phénomène ancien et universel. À commencer par les États-Unis, puis dans toute l’Europe, et en observant également comment la démographie a évolué dans notre propre pays et chez nos voisins. Un phénomène que l’on peut observer très nettement sur les terrains de football du Mondial. Dans les sélections européennes, l’enrôlement d’Africains, d’Asiatiques et de Latino-Américains est manifeste. De même, dans la sélection des États-Unis, il est très difficile de trouver un joueur natif qui n’ait pas été recruté et naturalisé grâce aux millions de dollars consacrés à cet objectif.
C’est la même chose que l’on observe en athlétisme et dans d’autres sports, où l’on s’arrange pour que ce soit des sportifs portant le drapeau américain qui montent sur les podiums.
Des sportifs également naturalisés par les autres pays riches afin d’améliorer leur performance dans ce Mondial — au point que les sélections suédoise, française, anglaise et autres, autrefois blondes, ont brusquement changé de couleur, et que dans les championnats sportifs de ce continent se distinguent désormais des Brésiliens, des Argentins, des Colombiens et même des Chiliens.
Et même si cette réalité finit par nous irriter en raison de notre infériorité économique, nous devons finalement être reconnaissants de l’accueil et du succès de tant de talents sportifs qui, dans nos pays, n’auraient probablement pas pu s’élever aussi haut. Dans la plupart des cas, ce sont des footballeurs issus de la pauvreté et des manques de leurs foyers.
Le Mondial nous offre une magnifique occasion de reconnaître la diversité humaine et celle des nations.
D’accepter et d’apprécier, également, les processus de migration. Ces footballeurs applaudis sont, à l’évidence, des immigrants qui, bien souvent, ont dû affronter de sévères difficultés pour entrer dans ce qu’on appelle le Premier Monde et y réussir.
Heureusement, cependant, la force footballistique et sportive des pays riches laisse encore, dans le cas du football, une place à la bonne performance des sélections d’Amérique hispanique, d’Afrique et d’Asie composées de sportifs natifs. Une réalité qui, malheureusement, ne se vérifie plus dans d’autres sports où le pouvoir de l’argent a totalement rompu les équilibres, comme on peut le constater aux Jeux olympiques et lors d’autres compétitions.








