Escalade de la crise humanitaire et des violations des droits humains au Jammu‑et‑Cachemire (AJK)

Bruxelles, le 24 juin 2026 — Le Press Club Brussels Europe a accueilli aujourd’hui une conférence  de presse en urgence mettant en lumière la dégradation rapide de la situation humanitaire et des droits humains dans la région d’Azad Jammu & Kashmir (AJK).
Des représentants de la communauté belgo‑kashmiri et des défenseurs des droits humains ont présenté de nouvelles informations faisant état d’une intensification sévère de la répression étatique, de violences contre les civils et d’un appauvrissement humanitaire généralisé.

Une crise déclenchée par la proscription d’un mouvement civil pacifique

Les intervenants ont souligné que la crise actuelle a commencé lorsque le gouvernement d’AJK a proscrit le Jammu Kashmir Joint Awami Action Committee (JKJAAC) — une plateforme civique pacifique de longue date — après l’organisation d’une manifestation légale réclamant des droits civils, économiques et démocratiques fondamentaux.
Cette décision, prise sans preuve crédible ni justification publique, a été décrite comme un acte politiquement motivé ayant déclenché une répression à l’échelle de toute la région.

Blackout total des communications

Depuis le 5 juin 2026, AJK est soumis à un blackout complet des communications, avec une coupure totale des services Internet.
Les familles en Europe, y compris en Belgique, sont dans l’incapacité de contacter leurs proches, tandis que les journalistes et organisations humanitaires ne peuvent ni identifier les victimes ni accéder à des informations fiables.
Ce blackout est sans précédent par son ampleur et sa durée.

Morts civiles, détentions et disparitions

Depuis la proscription du JKJAAC, la situation s’est fortement aggravée.

  • Des dizaines de civils auraient été tués, les corps étant dissimulés par les autorités, empêchant des funérailles dignes.
    • Des centaines de personnes ont été arrêtées, dont des manifestants pacifiques et des organisateurs communautaires.
    • Des arrestations massives, des disparitions forcées et des personnes portées disparues ont été signalées dans plusieurs districts.
    • Aucune liste publique des arrestations n’a été publiée, laissant les familles sans information sur le sort de leurs proches.

Ces actions soulèvent de graves préoccupations au regard du droit international des droits humains.

Un blocus humanitaire touchant les populations les plus vulnérables

Au 23 juin 2026, les restrictions restent en vigueur concernant :

  • L’approvisionnement alimentaire
    • Les médicaments et les services de santé essentiels
    • Le lait et les préparations pour nourrissons
    • Les transports publics et la liberté de mouvement

Ce blocus affecte de manière disproportionnée les personnes handicapées, les malades chroniques, les femmes enceintes, les nouveau‑nés, les enfants, les personnes âgées, les travailleurs journaliers et les familles déjà en difficulté économique.
Il s’agit d’une crise humanitaire à grande échelle.

Répression politique et usage abusif des lois sécuritaires

La conférence de presses a mis en évidence une intensification notable de la répression politique après la proscription du JKJAAC :

  • Plus de 150 membres dirigeants du JKJAAC, dans les 10 districts, ont été placés sur la Fourth Schedule, et environ 250 autres seraient menacés d’y être ajoutés. Un rapport consolidé recense 114 noms figurant dans les notifications du Home Department datées du 18 juin 2026, imposant des restrictions sévères au titre de la Fourth Schedule. Ces mesures limitent fortement la liberté de mouvement, l’accès à l’emploi, les services bancaires, les déplacements, la participation politique et la vie familiale. Elles ont été décrites comme une tentative systématique de criminaliser l’organisation démocratique pacifique.

Appels à l’engagement de l’UE et des Nations Unies

Les intervenants ont exhorté les membres du Parlement européen à soutenir une action urgente du Haut‑Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) et des Procédures spéciales de l’ONU, notamment les mandats relatifs à la liberté de réunion pacifique, la liberté d’expression, les exécutions extrajudiciaires, la torture, les défenseurs des droits humains, la détention arbitraire, les disparitions forcées, les droits des personnes handicapées et le droit à la santé.

Ils ont également appelé l’Union européenne et le gouvernement belge à demander :

  • Un accès indépendant à AJK
    • La préservation des preuves
    • La publication des listes de détenus et de personnes disparues
    • Un suivi humanitaire et un accès sans entrave
    • La protection des civils et la fin des représailles
    • La restauration immédiate des communications

Une voie vers la paix

un appel est lancé pour un soutien international en faveur d’un processus de dialogue structuré et de la mise en œuvre de la Déclaration de Muzaffarabad du 4 octobre 2025, présentée comme un cadre pacifique et démocratique pour répondre aux revendications publiques en AJK.

Zaheer Zahid
Au nom de la communauté belgo‑kashmirie