Tous les êtres humains naissent
libres et égaux en dignité et droits.
(Déclaration universelle des droits humains, ONU, 1948)
C’est une confirmation sans ambiguïté. Les dirigeants de l’UE restent inscrits, par ce Conseil de juin 2026, dans une stratégie de puissance et d’injustice.
1. Pourquoi les dirigeants de l’Union Européenne doivent changer leurs stratégies conçues et imposées dès les années 70 – 90 et encore dominantes à ce jour ?
Deux constats
Premier constat : l’Europe du Marché unique et de la Monnaie unique
Loin de contribuer à la construction d’une Europe politiquement et socialement intégrée, le Traité de Maastricht (1992) a créé le marché intérieur unique et la monnaie unique européenne selon les logiques de l’économie libérale de marché, sans un État politique européen. Au nom de la croissance du PIB et de la compétitivité sur les marchés globalisés, la primauté a été donnée à la libéralisation, à la dérégulation et à la privatisation des biens et des services essentiels pour la vie.
L’Europe comme communauté fédérale supranationale a disparue de l’imaginaire et des narrations des Européen·nes, de plus en plus dominé·e·s par les impératifs du commerce et les intérêts à court terme de l’Euro et de la Banque Centrale Européenne, politiquement indépendante des autres institutions de l’Union européenne. L’UE a gardé le principe de la souveraineté nationale, conservant essentiellement un caractère intergouvernemental (1). Il s’agit d’un système plutôt solide au service des oligarchies des groupes sociaux européens les plus forts, comme le démontre l ‘éclatant recul de la Commission dans le domaine de la transition énergétique et écologique sous la pression de l’industrie chimique, de l’agriculture industrielle intensive et des marchés financiers. Ces pouvoirs ont obtenu le remplacement du Plan Vert Européen par un Plan Industriel Européen à l’aune de la réindustrialisation du monde par l’Intelligence Artificielle (2).
Cette Europe inégale est revenue à la lutte contre les appauvris dits « assistés » en laminant les droits sociaux, et contre les immigrés dits « illégaux », les décisions du Conseil confirmant la directive européenne de ré-émigration, une directive indigne des valeurs hypocritement proclamées par nos dirigeants.
L’Europe du marché et de l’euro est une construction voulue et aimée uniquement par les Européens riches et puissants et par les entreprises de l’agroalimentaire, de la pétrochimie, de la pharmaceutique, de l’industrie du commerce et par les entreprises financières et high tech.
Deuxième constat. Le réarmement, une illusion dangereuse
Sujets alliés fidèles des Etats-Unis notamment dans le cadre de l’OTAN, les dirigeants européens de l’après 1989 (écroulement de l’URSS) n’ont pas voulu écouter le message de Gorbatchev sur l’Europe « Maison Commune » (3). Ils sont restés prisonniers des stratégies impériales et expansionnistes des Etats-Unis génératrices d’un monde en guerre permanente depuis, en particulier, l’invasion de l’Irak en 1993. Dès lors, ils ont été incapables de participer à la construction d’un nouveau monde multipolaire. Ils ont été piégés par leur soumission et se sont engouffrés dans la guerre des Etats-Unis contre la Russie par l’intermédiaire de l’Ukraine sans aucune autonomie. Il en a été de même de leur soutien honteux à la nouvelle guerre génocidaire de l’État d’Israël contre les Palestiniens ainsi qu’à la guerre israélo-USA contre l’Iran et, dans ce cadre, à leur faible opposition à l’invasion du Liban par Israël.
Le Conseil européen a montré de manière nette que l’Europe de l’UE ne croit même pas à son futur en dehors de son réarmement. Elle confie son devenir à la puissance des armées. Il s’agit d’une croyance illusoire.
Elle ne se limite pas à préparer la guerre. Le Conseil a décidé de soutenir la continuité de la guerre jusqu’à la défaite de la Russie, considérant cette dernière de plus en plus en difficulté sur le plan militaire.
Le réarmement
Le réarmement comme stratégie prioritaire pour assurer de nouveau autonomie et sécurité à l’Europe se fonde sur un piège, celui des logiques de la puissance et de la domination.
L’entreprise des USA, Palantir, est un des géants mondiaux de l’IA dans le domaine du renseignement, notamment pour des applications policières et militaires. Ses cofondateurs sont Peter Thiel et Alex Karp, respectivement président et CEO. Dans la fameuse saga de Tolkien Le seigneur des anneaux, Palantir est une pierre qui permet de voir loin. Milliardaires, Thiel et Karp font partie de la douzaine des plus puissants milliardaires USA qui ont soutenu Donald Trump depuis le début. Thiel est aussi le fondateur de PayPal.
Palantir a officiellement publié sur X le 18 avril 2026 une version abrégée, véritable manifeste en 22 points, du livre The Technological Republic écrit par Alex Karp et Nicholas Zamiska (respectivement CEO et haut dirigeant de Palantir) paru en avril 2025 (4).
Les thèses sont limpides, radicales, une apologie de la puissance, de la violence, de l’autocratie, de la guerre. Elles démarrent par le postulat que, aujourd’hui, la source de la puissance sur la réalité est la connaissance car c’est elle qui crée les nouvelles réalités.
Cette puissance de création donne une forte légitimité au pouvoir de domination des créateurs de l’IA. Puissance et domination sont les filles légitimes de la connaissance créée par les maîtres de l’IA. Ceux-ci sont considérés les vrais leaders, les « héros » de la nouvelle révolution. Le vieux concept que le plus fort a raison et qu’il fixe les règles publiques refait sa peau. L’État n’est plus le sujet souverain du pouvoir. La souveraineté appartient aux seigneurs de l’IA et de leurs alliés, les seigneurs de la finance. La fonction de l’Etat reste très importante, mais elle s’exerce au service des intérêts et de la puissance des nouveaux seigneurs. Le vieux concept que le plus fort a raison et fixe les règles publiques refait sa peau. Ces thèses sont une accentuation systémique des conceptions sur « moins d’Etat » devenues dominantes en Occident depuis la fin des années 60, axées sur la dépossession de l’Etat, le démantèlement de l’Etat du welfare et, donc, sur la privatisation de l’économie et des secteurs publics d’importance stratégique pour la vie, la puissance et la domination (5).
Selon le manifeste de Palantir, admettre la domination signifie reconnaître la nécessité pour les nouveaux maîtres de défendre leur suprématie des attaques des rivaux ennemis. La domination engendre nécessairement les conflits, la guerre. Ce qui explique, aux dires de Karp et de Zamiska, qu’il est juste de la part des dominants de faire appel au sentiment « patriotique » des citoyens pour qu’ils soutiennent leurs dominants. Les peuples, selon eux, n’ont pas besoin de démocratie. La démocratie est inutile, inefficace. Les citoyens ont l’obligation morale de soutenir leurs entreprises dominantes qui leur assurent sécurité et bien-être. Les nouveaux seigneurs ne sont pas élus. Ils naissent et s’affirment dans les marchés par leur créativité, la force de leurs innovations en termes de produits et d’applications, leur compétitivité, leur lutte et leur ambition.
La domination par la connaissance est sans partage, autoritaire, guerrière. Le « réarmement » est un état permanent des sociétés puissantes. Dans notre monde, il n’y a pas de dominants sans armes et sans guerre. La violence a besoin de peuples armés et de pouvoirs autoritaires oligarchiques. Le principe qui a légalisé et légitimé cette puissance et domination a été la brevetabilité du vivant à titre privé et à but lucratif approuvée en 1980 par une sentence de la Cour Suprême des Etats-Unis.
Le réarmement n’est pas synonyme de sécurité et de bien-être pour tous les peuples et les citoyens, mais uniquement pour les minorités puissantes. La guerre en Ukraine tue le peuple ukrainien et le peuple russe par centaines de milliers de personnes et détruit leurs habitats, leurs territoires, mais elle enrichit les oligarchies ukrainiennes, russes et, surtout, les actionnaires des grandes entreprises high tech et militaires des USA et de l’UE.
Les thèses de la République technologique ne sont pas des simples élucubrations de quelques puissants milliardaires nostalgiques de régimes fascistes, dictatoriaux. Elles sont non seulement des convictions profondes de personnages autocratiques violents, cyniques comme Trump, Musk… Ces thèses font partie intégrante des convictions de la majorité des oligarchies occidentales et d’autres continents. En outre, elles réussissent à susciter l’adhésion d’une bonne partie de la population (voir la montée en puissance de l’extrême droite dans le monde).
Comment peut-on penser d’inscrire le futur de l’Europe dans le cadre d’une conception si tragique de la vie et du monde et d’une vision politique et sociale si inégalitaire et cynique ?
2. Penser et mettre en œuvre les alternatives. Quelles devraient être les nouvelles stratégies de l’Europe ?
Notre proposition est de passer d’une stratégie du réarmement et de guerre de domination à une stratégie de régénération de la vie de la Terre et de sécurité collective solidaire.
Il ne s’agit pas d’une énième proposition utopique irréaliste. Même le Rapport 2026 sur les Objectifs du Développement Durable que l’ONU vient de publier ce 23 juin, affirme avec simplicité mais aussi fermeté « The report identifies eight priorities for the next era of sustainable development. The first is ending ongoing wars and redirecting military expenditures toward peace and human development. (Le rapport définit huit priorités pour la prochaine ère du développement durable. La première consiste à mettre fin aux guerres en cours et à réorienter les dépenses militaires vers la paix et le développement humain) » (6).
Notre proposition comporte :
– avant tout, une action prioritaire à entreprendre, sans la réalisation de laquelle toute stratégie alternative sera difficilement réalisable, centrée sur la redéfinition du système mondial de la propriété intellectuelle dans le but de modifier les principes fondateurs du système actuel basé sur le droit de propriété privée et à but lucratif des brevets sur le vivant et sur la connaissance, et
– en étroite liaison avec l’action prioritaire, promouvoir la stratégie de la régénération de la vie axée sur une politique intégrée des biens et des services communs publics mondiaux essentiels pour la vie, des communautés locales à la communauté planétaire, en trois volets :
a. Le volet de la lutte contre les facteurs anthropiques qui sont à l’origine de l’énorme quantité de gaz à effet de serre et, par conséquent, du réchauffement moyen de l’atmosphère terrestre dépassant l’augmentation de 1,5 °C par rapport à la température mesurée au commencement de l’ère industrielle, vers la fin du 18e siècle. Désormais, tout le monde connaît les solutions possibles. Ce qui manque, c’est la volonté réelle/responsabilité des groupes dominants de réorienter la finance, la technologie et les institutions de gouvernement en faveur de la régénération de la vie.
b. Le volet de la mobilisation pour libérer la vie de la Terre (sol, eau, air) de la pollution chimique générale. Personne n’est en mesure de nier l’empoisonnement croissant de la vie, documenté et dénoncé dès les années 50, mais cela n’a pas empêché l’augmentation en densité et ampleur de la pollution chimique. On a même découvert » que la famille des polluants chimiques la plus répandue » dans le monde, les PFAS – PFOA est considérée comme étant des « polluants éternels » ! Pourtant les secteurs responsables de cette pollution éternelle ont obtenu, aussi en Europe, de nouvelles mesures de dérégulation ! (7).
c. Le volet de l’institutionnalisation à l’échelle planétaire des pouvoirs de gouvernement publics de la part de l’Humanité. Ceux-ci restent importants mais limités, marginaux par rapport aux pouvoirs des grands groupes économiques, technologiques et financiers mondiaux privés.
Faute d’assurer à l’Humanité ces pouvoirs d’agir en tant que sujet politique responsable des biens et les services communs mondiaux essentiels pour la vie dans l’intérêt de tous et de manière solide, juste et efficace, la construction d’une communauté mondiale juste et solidaire restera au stade des vœux pieux.
Dans tous les domaines de vie couverts par les trois volets, on constate qu’un nombre significatif de facteurs systémiques jouent un rôle clé déterminant, notamment de blocage. Pour réussir, la stratégie de régénération doit identifier et essayer d’éliminer les facteurs bloquants. Parmi ceux-ci, le régime des brevets privés à but lucratif y figure avec force. C’est un des blocages clés qu’il faut faire sauter.
Réservant à une deuxième intervention l’analyse détaillée des initiatives à prendre dans le cadre des trois volets, le reste de cet article sera dédié aux raisons qui justifient la priorité que nous proposons d’accorder à la question des brevets privés à but lucratif sur le vivant et sur la connaissance.
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3. Modifier les principes fondateurs du système actuel concernant le droit de propriété intellectuelle, basé sur le droit de propriété privée et à but lucratif des brevets sur le vivant et sur la connaissance
Comme mentionné, c’est en 1980 que la Cour Suprême des Etats-Unis a pris la décision en faveur de la légalité de la brevetabilité du vivant. Une décision unilatérale, sans concertation préalable avec les Courts Suprêmes des autres Etats, en rupture radicale avec la sagesse commune mondiale pluri-centenaire qui avait considéré inacceptable et éthiquement impossible la privatisation du vivant et de la connaissance à but lucratif.
Fait majeur à souligner, la Cour Suprême des USA a expliqué les raisons qui l’ont poussée à légaliser la brevetabilité privée du vivant. Selon elle, les nouvelles technologies s’affirmant à la fin des années 60 en biotechnologie, informatique, robotique, télécommunications, énergie atomique, nouveaux matériaux, allaient modifier profondément l’économie du monde dans les secteurs où les États-Unis avaient acquis une nette suprématie mondiale. Soucieuse d’assurer et défendre les intérêts des Etats-Unis contre tel danger, la Cour a estimé de son devoir d’introduire les brevets privés et à but lucratif dans le bût de protéger la puissance de l’économie des USA et son devenir (8).
Tout en appréciant la clarté et l’honnêteté avec lesquelles la Cour a justifié sa décision, on ne peut pas ne pas dénoncer avec force la nature arrogante et indéfendable à tous points de vue de cette décision qui a bouleversé de manière injuste et inégale le cours de l’histoire mondiale au cours des 45 dernières années (9).
Après 45 ans, le monde créé et imposé par les Etats-Unis et ses « alliés » est inadmissible et intolérable.
La vie a été réduite à un ensemble de marchandises. Quasi tout organisme vivant est à vendre, et sa valeur est définie par son prix marchand. La sacralité de la vie a été jetée aux orties. Une aberration.
L’histoire des êtres vivants, des végétaux, des poissons, des animaux terrestres et des oiseaux, des humains, des forêts, des lacs, des fleuves… n’a pas été dictée par l’idée de leur transformation dans des objets économiques à vendre et consommer pour produire du profit pour leurs propriétaires privés. Quelle perversion !
Depuis une vingtaine d’années, le brevetage a permis au matérialisme marchand et technocratique et, à la culture de l’avoir et à l’avidité cynique des fonds d’investissement spéculatifs à la Black Rock de transformer tous les éléments du monde naturel dans des « capitaux naturels » et, en finale, dans des avoirs financiers. Réduire la nature à une sous-catégorie économique – les avoirs financiers -, de l’économie capitaliste de marché, est insensé. La vie de la Terre constitue un hymne sans fin à sa créativité et sa richesse, la diversité. Considérer qu’investir dans l’IA militaire vaut plus en termes de valorisation économique qu’investir dans la santé des enfants sans passer par la Bourse, constitue une terrible dégringolade de l’esprit de certains humains dans l’abîme des non-sens.
En effet, la santé est traitée comme un univers de produits et de services marchands et financiers dont la gestion obéit non pas aux droits universels à la vie mais aux valeurs financières que les marchés boursiers leur accordent. C’est le renversement du sens de la vie.
Les brevets expulsent les biens et les services communs publics mondiaux du domaine de la vie et de la justice. Tout ce qui est essentiel à la vie est accessible sur des bases dites « équitables » (non pas selon justice) et sous paiement d’un prix de marché abordable. Par exemple dans le cas de l’eau potable et de l’assainissement, les citoyens ont accès « au droit » à l’eau potable et à l’assainissement (50 litres/jour par personne) s’ils paient en fonction de leur consommation. Vu que tous les processus techniques (de la captation au traitement des eaux usées et leur recyclage, en passant par la potabilisation et les contrôle de qualité) sont sous brevets privés à but lucratif, les dominants prétendent qu’il revient aux consommateurs (ils ne sont plus « citoyens ») ont individuellement l’obligation de payer un prix permettant aux producteurs/distributeurs de l’eau, désormais privés, en prédominance partout, de récupérer leurs coûts, y compris le profit !
Inacceptable. L’économie des droits humains ne peut être fondée que sur le principe de la responsabilité financière collective via la fiscalité juste et redistributive et/ou le coopérativisme solidaire. Les brevets actuels sont les fossoyeurs des biens communs publics et de la socialité.
Les pouvoirs publics ont perdu la maîtrise de la politique de la vie au profit des grandes entreprises et des groupes financiers. L’Etat ne possède plus la souveraineté / responsabilité réelle en la matière. La souveraineté/domination est devenue l’apanage des sujets économiques et high tech mondiaux, globaux, privés. Cas emblématique celui du gouvernement de la pandémie COVID 19. Fortes de leurs brevets sur les vaccins, les entreprises pharmaceutiques ont fait le beau et le mauvais temps au mépris de la santé et de la vie de centaines de millions d’êtres humains par leur refus obstiné et honteux d’accepter une suspension provisoire dans l’application des règles sur les brevets sur le vivant, malgré les requêtes de pays comme l’Inde, le Brésil, l’Afrique et d’autres pays représentant plus de 3 milliards de personnes ! Une violence cynique. Les brevets ont considérablement rétréci à des petits morceaux les espaces de liberté et de justice et réduit à une boïte vidée de son sens l’espace de la démocratie. Pendant deux siècles, les Etats-Unis se sont considérés un pays hautement démocratique au nom de la liberté. Il n’y a pas de démocratie dans un système qui a transféré le pouvoir politique à des puissantes oligarchies privées.
Qui dit mieux ?
Devant ce qui précède, c’est surprenant et inacceptable que la mise en question des brevets ne soit pas redevenue une partie majeure de l’agenda politique mondial, même à l’ère de la révolution de l’IA. La remarquable et puissante encyclique du Pape Léon XIV « Magnifica Humanitas » constitue une formidable mise en question critique systémique, nécessaire, au plan éthique et des valeurs fondamentales des civilisations humaines. Bien sûr, le Pape a mis l’accent en priorité sur la dimension des croyances ontologiques et de la responsabilité concrète. Il s’est positionné, à juste titre, sur la conception que la technologie n’est pas du tout neutre. Peut-être une référence même rapide à la centralité politique et sociale des brevets sur le vivant et sur la connaissance aurait-elle contribué à remettre les débats en la matière sur le devant de la scène mondiale.
Le débat, malgré tout, existe, grâce à l’engagement de nombreuses associations contre les politiques des pouvoirs publics et, surtout, aux luttes des peuples indigènes qui restent les grands défenseurs des droits humains et des peuples ainsi que de la Terre Mère.
Modifier le régime actuel des brevets sera difficile à réaliser en quelques années. L’histoire montre que toute transformation radicale allant dans le sens de la justice, de la liberté collective, de la démocratie, de la solidarité et de la paix, a été difficile, mais que grâce à la persévérance, à la patience et au courage, les transformations radicales ont pu être obtenues.
PS J’ose dédier ces réflexions à la mémoire de Jean Ziegler qui vient de nous quitter ce mois-ci. Jean fut l’un des plus rigoureux, convaincus et percutants critiques à l’échelle mondiale de la domination, de l’hypocrisie et de la perfidie des dominants, à partir de son propre pays et de ses grands groupes économiques et financiers comme Nestlé, le système bancaire suisse… Il a dénoncé, sur la base d’une riche documentation des faits, avec courage, les « maitres du monde », privés et publics, qu’il a considéré comme les principaux responsables du massacre du monde lié à la faim et à la malnutrition. Que la mémoire active de sa personne et de ses travaux puissent traverser les générations pendant longtemps.
Notes
(1) Certes, la très grande partie de la législation active dans les Etats membres est d’origine européenne, mais le pouvoir d’initiative législative appartient à la Commission européenne et non pas au Parlement européen. La Commission n’est pas comparable à un gouvernement fédéral d’un Etat fédéral européen. Elle est un organisme politique exécutif soumis aux décisions des Etats de l’Union. Institutionnellement parlant, la Commission est, à ce jour, une entité originale, complexe, penchant plutôt vers une configuration bureaucratique puissante exécutifs dotée de pouvoirs con sidérables mais demeurant sous le pouvoir politique des Etats les plus forts.
(2) https://www.pressenza.com/fr/2025/05/au-nom-de-qui-et-de-quoi-arreter-la-domination-et-linjustice/
(3) https://www.mitterrand.org/gorbatchev-et-la-maison-commune.html
(4) « The Technological Republic, in brief », post sur le compte X de Palantir, 18 avril 2026. Le livre dans son intégralité est paru en 2025. Voir Alexander C. Karp, Nicholas W. Zamiska ka, The Technological Republic: Hard Power, Soft Belief, and the Future of the West, février 2025
(5) https://ecosociete.org/livres/letat-aux-orties, L’Etat aux orties. Mondialisation de l’économie et rôle de l’Etat, sous la direction de Sylvie Paquerot, Préface de Riccardo Petrella, Editions Ecosociété, Montréal, 1996 (il y a 30 ans).
(6) SNDS, Sustainable Development Report 2026, https://dashboards.sdgindex.org/
(8) https://www.lemonde.fr/archives/article/1980/06/18/la-cour-supreme-decide-de-breveter-une-bacterie-transformee_2805226_1819218.html?srsltid=AfmBOop3P4ReIFbbBymMEM_twU0E9eut9hL1e-E9aq_nzxjiXV975uDG. Article paru le 18 juin 1980
(9) https://supreme.justia.com/cases/federal/us/447/303/Diamond v. Chakrabarty, 447 U.S. 303 (1980)








