Le mois dernier j’ai quitté la grande ville de Montréal pour m’installer au Nord du Québec dans une petite ville de la région de l’Abitibi-Ouest. Dans cette région le temps est vécu autrement. Les jours et les heures passent plus lentement, nous sommes entourés de lacs, de rivières, de forêts et d’animaux sauvages. Nous sommes situés au nord de la 45ème parallèle à plusieurs centaines de kilomètres de la frénésie des grands centres urbains.

Au cours des derniers jours, lors d’une balade à travers la petite ville de La Sarre, j’ai découvert un bel endroit, l’Accalmie de Juliette! Ce café boulangerie est aussi une pâtisserie artisanale jumelée à une salle d’exposition et à une salle de conférence. De plus, l’établissement offre la location de chambres d’une courte durée pour les travailleurs au secteur minier.  

J’ai rencontré le propriétaire du café, Simon Goudreau qui m’a expliqué comment ce projet a pris racine dans la petite communauté. 

Nous avons monté le projet du café pour répondre aux besoins des gens de La Sarre et de la région. La vocation du café: ne pas avoir d’écrans ni d’horloges. C’est l’accalmie, le repos et la tranquillité. C’est une place pour prendre le temps de jaser et de socialiser. Les gens arrivent ici et se sentent chez-eux, explique Simon.  

Le café est situé dans l’une des plus vieilles maisons de la ville qui a été construite en 1950. En fait, l’histoire de cette petite communauté est récente, érigée en 1917 la ville a été officiellement nommée Ville de La Sarre en 1949. La Sarre est reconnue pour son rôle important dans la région et offre plusieurs services qui soutiennent les communautés environnantes. 

Au cours des dernières années, comme Simon, plusieurs entrepreneurs ont démarré des projets afin d’offrir des produits et des services aux résidents de la région.

À l’Accalmie de Juliette, nous encourageons l’économie circulaire, nous achetons pratiquement tous nos produits dans la région. Nous proposons des produits du terroir; le café provient du Torréfacteur sans Frontière de Malartic, la viande de la Boucherie du Rapide et de la boucherie d’À côté du bord de l’Eau tandis que le chocolat provient d’Isabelle et les légumes des marchés locaux.

À l’arrière du café un espace est réservé pour le Regroupement des artistes en arts visuels de l’Abitibi-Ouest. Le regroupement organise fréquemment des événements et des expositions avec divers partenaires en plus de proposer des formations afin de soutenir les artistes en Arts Visuels de la région. 

Simon Goudreau
Salle du café
Simon Goudreau

Simon m’explique l’importance d’offrir des chambres de courtes durées pour les travailleurs du secteur minier.

Les impacts économiques des mines dans la région sont très positifs: création d’emplois locaux, augmentation de la richesse collective ainsi que l’amélioration des infrastructures et des aménagements du territoire. Mais l’un des impacts négatifs c’est la disponibilité des logements. L’horaire des travailleurs miniers est fait sur la méthode du fly-in fly-out, qui consiste à les transporter et à les loger directement à proximité des sites d’exploitation de ressources naturelles pour des durées de 7 à 21 jours consécutifs. La grande majorité de ces travailleurs ont une résidence ailleurs au Québec. Mais occupent temporairement plusieurs maisons dans la ville, ce qui réduit la disponibilité de logements pour les nouvelles familles qui viennent s’installer ici. Par souci de libérer des logements, nous offrons 15 chambres en location de courtes durées. Toutes nos chambres sont occupées par des travailleurs de la mine Casa Berardi. Ils viennent de partout à travers le Québec et le Canada, souligne Simon. 

La mine Casa Berardi, située à 90 km au nord de La Sarre. C’est l’une des plus importantes mines d’or au Québec. Selon Radio-Canada, la mine emploie entre 800 et 1000 travailleurs avec une estimation de plus de 5000 employés directement et de nombreux sous-traitants. 

C’est surtout la pénurie de main-d’œuvre qui a fait augmenter de 30 % le nombre de travailleurs navetteurs (fly in fly-out) dans la région entre 2021 et 2025. Le chiffre a été  révélé lors d’une étude réalisée par le groupe conseil DDM. L’étude a été initiée par la municipalité régionale de comté de la ville de Val-D’Or qui regroupe six municipalités et quatre territoires. (Journal La Presse)

À la fin de notre rencontre, Simon m’explique comment le développement rapide d’une économie orientée vers l’exploitation minière, à permis, en quelque sorte, le développement de nouveaux commerces et de nouveaux projets dans le domaine culturel et agroalimentaire. 

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Source: Journal La Presse