La rédaction de Pressenza Belgique était présente à la manifestation européenne organisée à Bruxelles le dimanche 14 juin par la plateforme Stop Militarisation, en coalition avec Stop ReArm Europe.
Cette mobilisation contre le réarmement européen et l’augmentation des dépenses militaires a rassemblé de nombreuses associations, ONG, syndicats et collectifs belges et européens, plus de 12.000 personnes d’après les organisateurs, eux-même surpris d’une telle ampleur ! .
Le public présent se distinguait par sa grande diversité générationnelle. Des familles accompagnées d’enfants côtoyaient des étudiants, des travailleurs et des retraités, témoignant d’une mobilisation largement au-delà des clivages d’âge. Cette diversité reflétait l’ampleur des préoccupations suscitées par les questions de réarmement, de dépenses publiques et de justice sociale portées par les différents collectifs présents.
L’un des principaux mots d’ordre de la manifestation était : « Plus de soins, moins d’armes », un slogan visible sur plusieurs banderoles et repris dans de nombreux chants scandés par les manifestants. De manière générale, les slogans et pancartes exprimaient une opposition à l’augmentation des budgets militaires ainsi qu’une critique du plan européen de réarmement. Les pancartes du Parti du Travail de Belgique (PTB) affichaient par exemple : « 800 milliards pour la guerre ; et pour la santé et nos pensions ? ».
Parmi les organisations présentes figurait également le Réseau wallon de lutte contre la pauvreté (RWLP). Celui-ci dénonçait le sous-financement des services publics et du secteur associatif, illustrant son opposition aux politiques d’austérité et aux coupes budgétaires décidées par les gouvernements fédéral, wallon et de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Le RWLP critiquait également l’augmentation des dépenses militaires, estimées en hausse de 59 % entre 2024 et 2025, au détriment de la protection sociale, du logement et de la santé. Son message était clair : « Nos vies valent plus que vos budgets ».
Photos : Lola Lozano
L’organisation RedFox, mouvement de jeunesse engagé était, elle aussi, présente pour dénoncer les priorités budgétaires accordées à l’armement au détriment de l’enseignement et de l’avenir des jeunes. Ses militants brandissaient notamment le slogan : « Des milliards pour la guerre, des miettes pour les jeunes ».
L’International Peace Bureau (IPB), organisation pacifiste internationale, participait également à la mobilisation. Ses membres portaient une grande banderole affichant le message : « They prepare for war, we work for peace ». (ils se préparent pour la guerre, nous travaillons pour la paix)
La question palestinienne occupait également une place centrale dans le cortège. De très nombreux drapeaux palestiniens étaient visibles tout au long de la manifestation. On pouvait également apercevoir plusieurs drapeaux vénézuéliens, portés en signe de soutien au Venezuela et d’opposition aux actions menées contre le président Nicolás Maduro. Des drapeaux libanais étaient également présents.
Enfin, plusieurs mouvements antinucléaires étaient présents. Ils étaient notamment représentés par le symbole du soleil souriant, emblème historique de l’opposition pacifique à l’énergie nucléaire. Popularisé après la catastrophe de Fukushima en 2011, ce symbole exprime la volonté de promouvoir des énergies renouvelables et durables, associées à une vision positive et pacifique de l’avenir.
Au-delà des slogans et des banderoles, ce qui m’a le plus marquée au cours de cette manifestation, c’est le sentiment de partager un moment avec des personnes de diverses générations et venant d’horizons très different, mais réunies par une même aspiration : celle d’un avenir plus pacifique. En tant que jeune, voir autant de citoyens, se mobiliser, rappelle que l’engagement collectif reste un moyen d’exprimer des préoccupations et de faire entendre ses idées afin de les concrétiser en action collective.
Toutefois, on peut observer une intensification des moyens déployés pour réprimer les manifestations depuis la fin des années 2000. De plus, les mobilisations n’ont malheureusement plus le même impact concret sur les décisions politiques, celles-ci étant souvent ignorées, voire niées, par les dirigeants.
Une manifestation ne suffit peut-être pas, à elle seule, à faire évoluer les politiques publiques. Toutefois, elle peut contribuer à rassembler des énergies, nourrir le débat public et encourager d’autres formes d’action. En Slovénie, les Bicycle Protests (« révolte des vélos ») sont apparues dans le contexte de la pandémie de Covid-19. Ce mouvement a rassemblé des milliers de personnes souhaitant dénoncer la corruption et le manque de transparence du gouvernement. Privés de leur liberté de réunion et de manifestation par les autorités, les citoyens ont néanmoins réussi à se mobiliser tout en respectant les restrictions en vigueur, faisant du vélo un moyen de protestation original et légal.
Lola Lozano








