La Flottille Mondiale Sumud confirme que Saif Abukeshek et Thiago Ávila ont été libérés d’une détention israélienne illégale, après avoir été enlevés et avoir subi dix jours de mauvais traitements et de torture. Saif a transité par Athènes et est arrivé à Barcelone dans l’après-midi du dimanche 10 mai, retrouvant sa femme et ses enfants. Thiago a franchi la frontière de Taba et sera de retour au Brésil avec sa femme et son enfant lundi 11 mai après-midi.

Voilà à quoi ressemble la mobilisation

Leur libération est la preuve que la pression internationale et politique soutenue fonctionne. Nous la célébrons comme telle. Et nous nommons clairement ce qu’elle ne change pas.

La libération n’est pas la liberté.

Saif et Thiago rentrent chez eux tandis que 9 500 hommes, femmes et enfants palestiniens demeurent illégalement détenus dans les prisons du régime israélien, soumis au même système de détention arbitraire, de torture et d’impunité que celui qu’ont vécu nos camarades pendant dix jours, et que les Palestiniens endurent depuis des décennies.

Ce système a un visage.

Trois détenus palestiniens récemment libérés ont décrit l’état du Dr Hussam Abu Safiya, directeur de l’hôpital Kamal Adwan dans le nord de Gaza, détenu par Israël depuis le 27 décembre 2024. Ils décrivent un homme à peine reconnaissable : en état de choc, incapable de parler correctement, ses cris audibles lors des mauvais traitements. Privé de soins médicaux. Soumis à des entraves prolongées, des fouilles à nu, des coups et des chiens d’attaque. Telle est la réalité pour plus de 9 500 Palestiniens aujourd’hui, dont beaucoup n’ont aucune perspective de libération.

De même, des rapports faisant état de torture et de mauvais traitements continus contre Marwan Barghouti ont récemment émergé. Marwan est détenu illégalement depuis 24 ans par le régime israélien et continue d’être soumis à leur système d’apartheid, d’injustice, de maltraitance et de détention.

Nous continuons également à exiger la libération de nos camarades tunisiens.

Cette lutte ne prend pas fin avec des libérations. Elle prend fin quand le système qui les a produites sera entièrement démantelé.

La mission continue

57 navires de la Flottille Mondiale Sumud demeurent à Marmaris, en Turquie, où participants et organisateurs se réunissent pour discuter des prochaines étapes et de la stratégie à venir. Alors que le régime israélien continue de tenter de briser la volonté du peuple palestinien et de tous ceux qui le soutiennent, les nouvelles d’aujourd’hui et l’escalade de la violence et de l’impunité israélienne ne font que renforcer leur détermination.

Cette libération intervient également alors que notre symposium juridique « Résistance civile contre le génocide : la Flottille Mondiale Sumud et le droit international » s’est tenu aujourd’hui à l’Université Muğla Sıtkı Koçman, où des juristes et praticiens ont examiné la responsabilité des États et les mécanismes de reddition de comptes, notamment les éventuelles procédures devant la CPI. La libération de nos camarades ne clôt pas le dossier juridique. Elle y ajoute des éléments.

Nous continuons d’exiger que l’UE et la Grèce répondent de leur silence et de leur complicité, et nous appelons à l’imposition de sanctions immédiates contre Israël pour cet enlèvement illégal, son génocide et ses violations continues du droit international et des droits humains.

Libérez la Palestine