Le 26 mai 2026, à l’Assemblée nationale, après avoir dénoncé les violences subies par les navigant·e·s français·es de la Global Sumud Flotilla, l’exécutif a fait savoir que M. Barrot allait recevoir leurs avocat·e·s. En tant qu’avocates de Global Sumud France, nous refusons cet entretien à huis clos, dont nous avons reçu l’invitation le 28 mai 2026.

Ces déclarations ne trompent personne. Elles interviennent dans le contexte du scandale mondial provoqué par la diffusion des vidéos de M. Ben Gvir, Ministre israélien de la Sécurité nationale, et des témoignages glaçants des navigant·e·s sur les violences subies des forces israéliennes lors de l’interception de la Flottille humanitaire et de leur détention arbitraire. Ces déclarations interviennent plus d’un mois après la première interception de la Flottille, le 29 avril 2026, au cours de laquelle des violences étaient déjà dénoncées.

Le gouvernement français, comme le gouvernement israélien, contraints et forcés par l’horreur qu’ils ne peuvent plus assumer au grand jour, se désolidarisent publiquement de M. Ben Gvir, alors même que l’État israélien poursuit un génocide depuis plus de deux ans et est responsable d’atrocités sur les Palestinien·e·s depuis des décennies. Réduire la responsabilité de ces violences à la seule personne de M. Ben Gvir est une manœuvre politique que Global Sumud France, que nous assistons, dénonce fermement. Nous refusons d’en être la caution.

Les effets d’annonce du ministre ne nous feront pas oublier que le gouvernement français a soutenu l’État d’Israël depuis le début du génocide. En effet, avec l’autorisation et sous le contrôle du gouvernement, plus de 525 cargaisons d’équipements français à usage militaire ont été expédiées vers Israël entre octobre 2023 et mars 2026. Le gouvernement a autorisé M. Netanyahou, alors sous mandat d’arrêt international, à survoler le territoire français. Il a tenté de faire voter le projet de loi Yadan, et ses prises de positions ont renforcé la criminalisation du mouvement de solidarité à la Palestine.