Après que Miguel Torres, membre du ticket présidentiel de Keiko Fujimori (pour le parti Fuerza Popular), a déclaré dans une interview que « destituer M. Castillo n’a pas été facile » et que « les journalistes l’ont fait, le Congrès l’a fait aussi, le ministère public l’a fait aussi. En d’autres termes, il s’agissait véritablement d’un effort collectif pour que cet homme s’en aille », la défense de l’ancien président Pedro Castillo a déposé une plainte contre les personnes présumées impliquées dans un complot visant à le destituer.

Les preuves présentées par la défense de Castillo Terrones mettent en évidence un modus operandi qui a débuté dès les premiers jours du mandat présidentiel et qui comprend : des commissions partisanes chargées d’enquêter sur les 100 premiers jours du gouvernement, trois motions de destitution pour incapacité morale ; des pressions exercées sur les autorités et les entités internationales pour obtenir des déclarations visant à délégitimer le mandat de Castillo.

En outre, des plaintes pour trahison, des commissions d’enquête, des demandes de démission émanant du Congrès de la République, des recommandations visant à inculper le président pour des délits présumés d’organisation criminelle et la création d’une Équipe spéciale de procureurs contre la corruption du pouvoir (EFICCOP), qui a ensuite été dissoute. Bon nombre de ces mesures sortent du cadre juridique établi.

La plainte pénale pour le délit présumé de complot en vue d’une rébellion vise les députés Martha Moyano et José Williams, Patricia Benavides (ancienne procureure générale), Raúl Alfaro (ancien commandant de la police nationale), Miguel Torres (candidat à la deuxième vice-présidence pour le parti Fuerza Popular) et toute autre personne qui s’avérerait responsable.

La défense de l’ancien président Pedro Castillo souligne qu’il y a eu une probable coordination entre différents acteurs du Congrès de la République, du Parquet général et de la Police nationale pour destituer le chef de l’État. Au-delà du fait qu’il s’agit de la première fois qu’un fujimoriste de haut rang admet l’existence d’un complot contre Castillo, cet événement met la population en alerte rouge, car Fuerza Popular est actuellement candidat à la présidence de la République. S’il perd au second tour… l’histoire se répètera-t-elle ? Nous sommes prévenus.