« Cela fait quelques semaines maintenant que les petits hommes verts ont pris possession des murs de l’école pour dénoncer les mesures que le Gouvernement MR-LE veut imposer à l’école. Ils sont furieux mais ils sont drôles. Leurs soucoupes volantes ne laissent rien passer. Et comme dans toute bonne vieille guerre des mondes, tout semble laisser penser que l’invasion des extraterrestres ne fait que commencer: plus de cent écoles ont rejoint le mouvement.
J’aime ce que fait Mars Attacks parce que je pense que ses acteurs ont raison. Si la révolte gronde depuis les galaxies les plus reculées, c’est parce que la droite se fiche du réel quand elle parle de l’école.
D’un côté, elle pare l’école de toutes les responsabilités morales et collectives imaginables, comme si l’école était la poubelle de table de la société entière. C’est à l’école de rétablir les valeurs communes dissoutes sous le venin pernicieux du communautarisme, de faire œuvre œuvre de civilisation, de rétablir la netteté morale dans les cerveaux des élèves. Et c’est au profs de servir de tuteurs moraux – tout en restant impeccablement « neutres », c’est un décret qui l’impose, appréciez l’acrobatie – et d’apprendre la Brabançonne aux jeunes ensauvagés.
De l’autre, elle estime que l’école doit être organisée comme un fournisseur de service. On fait comme si on pouvait évaluer le travail des profs à la simple aune des vingt heures prestées en classe. On concède aux écoles qu’elles ont le droit de fournir des repas à bas prix aux élèves tout en supprimant leur financement. On définance les dispositifs permettant d’assurer le gardiennage scolaire. On affirme que l’école est la source de tout, tout en refusant de voir que l’école n’est pas seulement le réceptacle mais le creuset des inégalités territoriales, sociales, culturelles. On ment éhontément quand on prétend que la réforme du statut sera sans conséquences en termes d’emplois. Yvan Verougstraete rappelle que « la gratuité n’existe pas » à des parents pour qui la quasi-gratuité des repas ou du matériel scolaire compte énormément à la fin du mois. Les spadassins du MR, quant à eux, rappellent aux enseignants en colère qu’ils ne comprennent pas les vrais enjeux : le voile à l’école, et le taux excessif de syndicalisation des enseignants. Le Pacte d’excellence fut la plus ambitieuse des projets de politique publique que le CDH mit en œuvre durant ses vingt ans d’existence. Les cabinets MR et LE en abattent aujourd’hui la teneur, l’esprit et les fragiles relations de confiance nouées à cette occasion. On ne peut pas affirmer que l’école est la source et l’aboutissement de toutes choses tout en coupant ses bras, ses jambes, ses reins.
Mars Attacks, pour moi, ce sont d’abord les visages des institutrices et des instituteurs que je croise tous les jours à l’Institut Saint-Dominique de Schaerbeek. Ces personnes ont pris dans leurs bras mes enfants le premier jour de leur entrée en maternelle. Elles les ont mouchés. Elles les ont changés. Elles leur ont lu des histoires et leur ont appris à ranger leur coin de bricolage. Elles leur ont ensuite appris à compter jusqu’à jusqu’à vingt puis jusqu’à cent ; à faire la différence entre le nord et l’ouest, entre le mercredi et le dimanche, entre le printemps et l’été. Elles se sont déguisées le jour du départ en classes vertes. Elles réconcilient les bagarreurs, elles préparent des conférences. Elles sont heureuses quand mes enfants vont bien. Elles voient quand mes enfants vont moins bien, et connaissent comme leur poche la cour de récréation et ses intrigues. Ma fille était fière comme trois mousquetaires quand elle m’a dit, il y a une semaine, qu’on lui avait appris à « ajouter quatre points et huit points, qui font douze points ». Mon fils apprend ses tables de multiplication et prépare un exposé sur les serpents. Je crois qu’ils sont heureux d’aller à l’école.
J’ai confiance en ces femmes et en ces hommes. Je leur suis reconnaissant. Je pense que leur colère est juste et intelligente.
Long Live Mars Attacks. »
Prochaine manifestation le 27 mai 26

Pour suivre le mouvement :
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Pressenza Belgique s’associe au mouvement MarsAttacksFWB : l’éducation doit rester un droit pour chaque être humain ; les enseignants en sont les gardiens. Pressenza participe également à une réflexion en profondeur sur l’école d’aujourd’hui. Dans une société de plus en plus déshumanisée, l’école se retrouve piégée dans ce système. Un nouveau paradigme est nécessaire, valorisant l’être humain et sa capacité de transformer le monde.








