Après trois années de bataille judiciaire, l’affaire met en lumière les inquiétudes liées aux pratiques policières et à l’espace civique à l’approche des élections.

Une décision de justice favorable à la militante et musicienne Maiko Zulu a relancé l’attention du public sur la responsabilité de la police et les défis auxquels sont confrontés les militants en Zambie.

L’affaire, qui a duré trois ans et portait sur des allégations de violences verbales et physiques, s’est soldée par la condamnation de la police. Pour de nombreux observateurs, ce verdict illustre la possibilité, pour un citoyen, d’obtenir gain de cause.

Pour Zulu, cette expérience dépasse le simple cadre d’une victoire personnelle. Il la décrit comme une leçon pour le pays. Selon lui, de nombreux citoyens ont été confrontés à des situations similaires, mais renoncent souvent à faire valoir leurs droits, soit par ignorance de leurs droits, soit par crainte des conséquences. Il estime que cette affaire démontre qu’il est possible de contester l’autorité et d’obtenir des comptes par la voie légale.

Il a également exprimé son inquiétude quant à la conduite de certains agents, affirmant que, parfois, la police semble recourir à un usage excessif de la force et témoigner de davantage de loyauté envers le pouvoir en place qu’envers le public. Il espère que l’issue de cette affaire suscitera une réflexion et mènera à des réformes au sein de l’institution. Il a indiqué son intention d’engager des poursuites contre l’État en réclamant des dommages et intérêts.

Cette décision intervient à un moment où les inquiétudes concernant l’activisme s’accroissent. Zulu explique que si la Zambie laisse encore place à la liberté d’expression, le contexte devient de plus en plus difficile pour ceux qui osent s’exprimer. Il constate que le nombre de militants actifs diminue, certains rejoignant le système politique et d’autres se retirant de la vie publique.

À l’approche des élections, il craint que la situation ne se complique. Il évoque notamment l’influence des financements et des conflits d’intérêts au sein du militantisme, qui, selon lui, rendent difficile l’identification des voix véritablement engagées en faveur du changement social.

Malgré ces préoccupations, Zulu poursuit son travail. Il a récemment collaboré avec une équipe humaniste d’Afrique de l’Est sur une chanson portant sur la paix et la solidarité. Ce projet, inspiré par les conflits actuels qui affectent des communautés dans différentes parties du monde, attire l’attention sur l’impact de la guerre, notamment sur les enfants, et encourage l’unité par-delà les frontières.

Pour Zulu, la musique conserve un rôle primordial, malgré l’évolution technologique de sa production et de sa diffusion. Si les outils numériques ont facilité la création musicale, il estime que le message et la créativité restent tributaires de l’artiste.

Son expérience dans les médias et la production a façonné sa manière d’aborder la musique et l’activisme. Ayant travaillé en studio dès son plus jeune âge, puis dirigé un studio, il considère les médias comme un moyen important de diffuser des idées et de toucher un large public.

Pour l’avenir, Zulu évoque la nécessité d’une Afrique plus unie et autonome. Il souligne que les mesures prises sur le continent pour faciliter la circulation entre les pays sont encourageantes. Parallèlement, il s’inquiète du contrôle des ressources africaines et affirme qu’il faut faire davantage pour garantir qu’elles profitent aux populations locales.

Il estime que l’avenir de l’Afrique dépend de la capacité de ses peuples à prendre leurs responsabilités pour le façonner et à revendiquer fermement ce qui leur appartient.

L’affaire Maiko Zulu restera probablement au cœur des discussions en cours sur la justice, la gouvernance et le rôle de l’activisme en Zambie, notamment à l’approche des prochaines élections.