Le meilleur moyen de se mettre à dos les populations est de leur imposer des méga-projets sans les consulter auparavant ni tenir compte de leurs souhaits et de leurs idées. C’est le cas de Germenay-Dirol, où les panneaux voltaïques pourraient s’installer si l’enquête publique, qui aura lieu du 19 septembre au 20 octobre 2022, s’avère favorable au projet.

Il faut veiller au grain !

Dans la Nièvre, un collectif s’est créé pour contrecarrer le projet d’accaparement de terres destiné à y semer non de futures récoltes mais des panneaux voltaïques. Le Collectif énergie citoyenne 58 CEC58 de Germenay-Dirol a vu le jour pour « défendre les énergies renouvelables dans le respect de l’environnement et des citoyens » et lance déjà une pétition contre le « gigantesque massacre de notre campagne ». Il faut dire que la vue de 75 ha recouverts de 73 000 panneaux voltaïques, 15 transformateurs et 15 ondulateurs protégés par des clôtures et un dispositif de surveillance relève plutôt du parc industriel que de l’agriculture. Si ce genre de projets est annonciateur de profits pour les entreprises privées (dans le cas présent, une firme danoise) et le propriétaire terrien, c’est avouer une fois de plus que l’agriculture se porte mal pour être de la sorte dévastée. Ils ne se limitent d’ailleurs pas à la Nièvre, mais grignotent le paysage de l’Hexagone, autrefois pays agricole. La consultation est une nécessité urgente étant donné que les projets dans ce sens ne font que se multiplier. France Nature Environnement Midi-Pyrénées a pris position dans un papier du 31 mai 2022 sur cette mobilisation des terres agricoles, tout comme la Confédération Paysanne de la Nièvre.

https://www.fne-midipyrenees.fr/2022/05/20/note-de-positionnement-quant-aux-projets-photovoltaiques-sur-des-terres-naturelles-agricoles-et-forestieres/

https://adretmorvan.org/wp-content/uploads/2022/08/ConfederationPaysanne58_Positionnement_Centrales_photovoltai%CC%88ques_062021.pdf

Un peu de bon sens, voyons !

Pour tout dire, les membres du collectif n’ont rien contre les énergies renouvelables, loin de là, mais suggèrent d’orienter la pose de photovoltaïque vers les toitures qui y sont adaptées, vers les surfaces artificialisées, les sites industriels en friche au lieu de défigurer les campagnes et de supprimer la vocation des terres agricoles qui est de fournir de la nourriture et non des volts. Selon L’ADEME (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) citée par FNE, près de 18 000 sites « seraient propices à l’installation d’une centrale photovoltaïque ». Eh bien, qu’attendons-nous ?

Même si l’on ne peut faire d’omelette sans casser des œufs, en temps de crise climatique et alimentaire, est-il bien raisonnable de détourner des terres agricoles pour les revêtir de panneaux voltaïques en chamboulant les paysages et peut-on se permettre d’attirer l’opposition des habitants de la région, au lieu de leur participation ? La transition énergétique doit s’accompagner de bon sens si elle veut susciter la compréhension, recevoir l’accord et le soutien de la population. On peut se demander si les têtes dans lesquelles germent ces idées saugrenues sont bien faites…

https://www.change.org/p/panneaux-solaires-de-germenay-dirol-un-gigantesque-massacre-de-notre-campagne?recruiter=226561616&recruited_by_id=ca216380-ae50-11e4-892e-0db158bfe488&utm_source=share_petition&utm_campaign=share_for_starters_page&utm_medium=copylink

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