Au cours d’une réunion qui a eu lieu dans la capitale du Kenya, les gouvernements de cinq des sept pays faisant partie de cette Communauté (C.A.O = Communauté de l’Afrique Orientale) ont lancé un plan pour éviter un nouveau conflit bélliqueux dans la région du Kivu du Nord, dans le nord-est de la République Démocratique du Congo.

Les Chefs d’Etat et de Gouvernement du Kenya, du Burundi, de la République Démocratique du Congo, de l’Ouganda et du Rwanda se sont réunis jeudi 21 avril dernier à Nairobi afin de discuter paix et sécurité régionale.

Le président kenyan Uhuru Kenyatta a invité à cette réunion le président de la RDC Felix Tshisekedi, le président burundais Evariste Nadyishimiye, le président ougandais Yoweri Museveni, et le ministre des Affaires Étrangères rwandais Vincent Biruta.

Les débats de ce mini Sommet de la Communauté d’Afrique de l’Est se sont concentrés sur la situation actuelle et les nouvelles attaques du groupe rebelle M23 (Mouvement du 23 mars) dans la région du Nord Kivu, dans l’est de la République Démocratique du Congo.

Les mandataires se sont mis d’accord sur deux actions immédiates : d’un côté la mise en place d’un processus politique dirigé par le président Kenyatta afin d’opérer une médiation entre le gouvernement de la RDC et les groupes armés locaux.

Les présidents ont indiqué que le dialogue consultatif entre les deux parties doit avoir lieu sans attendre.

Par ailleurs, ils se sont mis d’accord sur la création d’une force régionale visant à contenir les «forces négatives», sous la direction de la RDC. Selon le communiqué, les «forces négatives» sont celles qui refusent de participer au processus.

Ils ont également indiqué que les groupes étrangers devront être désarmés et renvoyés dans leurs pays d’origine.

Le M23 fut à l’origine d’un soulèvement armé contre l’administration centrale du pays en novembre 2012, prenant Goma, la capitale de la province et entraînant ainsi le déplacement de milliers de personnes. Quelques semaines plus tard, l’armée régulière avait repris le contrôle de la ville et les hostilités avaient cessé.

Le groupe s’était formé peu de temps auparavant d’une faction armée d’anciens membres du Congrès National pour la Défense du Peuple. Ils étaient en désaccord avec un soi-disant manque de volonté politique du gouvernement central à mettre en place les accords de paix du 23 mars 2009. Par la suite, un rapport des Nations-Unies souligna la complicité du gouvernement rwandais dans l’organisation et l’approvisionnement de ce groupe rebelle.

Selon les conclusions du Sommet de la Communauté d’Afrique de l’Est, un secrétariat devrait être formé pour superviser l’application des accords conclus, sous administration bipartite de la RDC et du Kenya et participation des représentants des bureaux exécutifs des autres chefs de l’État de la Communauté d’Afrique de l’Est.

Il a été également convenu qu’une nouvelle réunion aurait lieu endéans un mois pour évaluer le progrès des résolutions prises. Les autorités de Tanzanie et du Soudan du Sud seront invitées à participer dès lors que ces pays font partie de la Communauté.

La Communauté d’Afrique de l’Est couvre environ 300 millions de personnes depuis la signature d’un Traité en novembre 1999. En 2007, le Rwanda et le Burundi se sont joints aux pays membres historiques (Kenya, Tanzanie et Ouganda), rejoints à leur tour en 2016 par le Soudan du Sud, puis plus récemment en avril 2022 par la République Démocratique du Congo.

Ce qui ressort est une forte volonté de fraterniser et de dépasser des conflits antérieurs douloureux. On y voit également la volonté d’accélérer le process de création d’une Fédération de l’Afrique de l’Est et, comme indiqué sur le site internet de la Communauté, de construire un bloc économique et politique puissant et durable en Afrique de l’Est grâce à la détermination sérieuse des dirigeants et des citoyens d’Afrique de l’Est.

 

Traduction de l’espagnol : Frédérique Drouet