Le 24 novembre, le parlement écossais a voté à l’unanimité une loi assurant la gratuité des protections hygiéniques. C’est une première mondiale !

Par Anastasis Mauriac

La première ministre écossaise Nicola Sturgeon affirme « sa fierté d’avoir voté pour cette loi révolutionnaire ». Afin de lutter contre la précarité menstruelle, la députée travailliste Monica Lennon à mené une lutte acharnée afin de faire accepter le texte, bataillant pendant quatre ans contre les membres conservateurs du gouvernement.

Elle avait gagné une première bataille en 2018 lorsque son projet de loi sur la gratuité des protections hygiéniques dans les écoles et universités avait été voté. L’opération pour rendre les protections hygiéniques gratuites au niveau national coutera environ 11 millions d’euros par an au gouvernement. Elle suivra le modèle de la distribution gratuite de préservatifs mis en place en 2012.[1]

Dans son projet de loi, Monica Lennon mentionne les femmes trans et affirme qu’elles sont aussi victimes de la précarité menstruelles et seront donc bénéficiaires de la loi. La députée espère que cette initiative écossaise représentera « un signal au monde qu’il est possible de mettre en place un accès universel gratuit aux protections périodiques ». En effet, la précarité menstruelle est un vrai problème social qui touche de nombreux foyers.

Plan International UK a réalisé une enquête en 2017 révélant que sur un échantillon représentatif de 1 000 jeunes femmes âgées de 14 à 21 ans, environ une sur dix ne pouvait se permettre d’acheter des protections menstruelles au Royaume-Uni.

Pareillement, en France, selon l’association Règles élémentaires, près de 1,7 millions de Françaises sont victimes de précarité menstruelles. Des initiatives ont été mises en place en France sur le plan individuel et régional. Plusieurs universités françaises telles que Rennes 2 et la Sorbonne ont mit en place des distributeurs gratuits de protections hygiéniques au sein de leurs établissements. Une initiative reproduite par la région Île-de-France lors de la rentrée 2020 dans douze lycées franciliens.

Enfin, le 28 mai à l’occasion de la journée mondiale de l’hygiène menstruelle, l’ancienne secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes Marlène Schiappa, avait annoncé « l’expérimentation de la gratuité des protections hygiéniques auprès d’élèves du second degré et d’étudiantes, de femmes détenues, de femmes précaires et sans abri ».[2] On ne peut plus qu’espérer que la France suivra l’exemple de son ami Écossais.

 

[1] NHS HI-Net Grampian, free condoms distribution handbook, L Allerton.

[2] L’Ecosse rend les protections périodiques gratuites pour toutes les femmes, Elle, novembre 2020.