La dignité du peuple vénézuélien n’est pas à vendre

06.08.2019 - Caracas, Venezuela - Rosi Baró

Cet article est aussi disponible en: Espagnol

La dignité du peuple vénézuélien n’est pas à vendre
(Crédit image : NODAL)

Au début du mois de février de l’année dernière, j’ai écrit pour la première fois un article publié par Pressenza intitulé « Donner naissance à l’avenir au Venezuela » (1) qui décrivait ma perception en recevant la boîte de nourriture subventionnée qui arrive chaque mois par les Comités locaux d’Approvisionnement et de Production (CLAP). Cette fois-là, j’ai réalisé que s’il nous parvenait, à nous qui vivons sur une île du Venezuela et aussi dans une zone rurale, il devait atteindre des millions de personnes dans le pays. Mon appréciation était correcte, selon des informations récentes, la nourriture atteint 6 millions de familles à travers le pays, des familles, pas des personnes, donc le nombre de bénéficiaires devrait être multiplié par au moins 3, soit 18 millions de personnes.

Ces aliments sont importés par le gouvernement et distribués directement aux communautés organisées à des prix abordables pour tous, une boîte par maison ou famille. Au-delà de l’énorme soulagement que cela représente pour les humbles de recevoir ces aliments : lait en poudre, sucre, riz, pâtes, huile, farine de maïs, farine de blé, lentilles, haricots noirs, mayonnaise, thon en conserve ; il y a l’organisation des Comités, organisés dans les communautés elles-mêmes qui emballent, distribuent et transportent les aliments prioritaires par un mode de livraison des produits maison par maison. Je ne pense pas qu’il soit faux de supposer qu’en plus de l’objectif principal de cette initiative du Président Maduro qui est de satisfaire les besoins alimentaires dans les moments difficiles, cela a augmenté le niveau d’organisation, le volontariat, l’engagement, la solidarité et le dévouement non seulement des partisans du gouvernement mais de tous les bénéficiaires, atteignant les régions les plus reculées du pays avec un niveau d’efficacité remarquable.

Dans notre cas, il est distribué au siège du Conseil communal qui se trouve à deux rues de chez moi. Les boîtes CLAP sont distribuées à tous les voisins sans exception, je suis témoin qu’il est faux, comme l’ont montré les médias de désinformation, que cet avantage est réservé aux Chavistas, ou comme la Haute Commissaire des Nations Unies pour les droits humains, Michelle Bachelet, dans son rapport sulfureux sur le Venezuela, rappelant que les Comités Locaux d’Approvisionnement et de Production (CLAP) ne couvrent pas les besoins nutritionnels de la population, sans considérer qu’en plus des CLAP, des « Foires de la Campagne souveraine  » sont organisées dans les zones à faibles revenus, avec de nombreux produits protéiques, tels les œufs, poulet, poisson, bœuf ainsi que légumes et fruits à prix bon marché dans l’ensemble des États du pays (2). Selon des informations officielles récentes, le Plan national pour la distribution de protéines animales au cours du mois de juillet a dépassé l’objectif du mois avec 30.000 tonnes réparties sur l’ensemble du territoire national (3).

Je ne peux manquer de mentionner que dans son malheureux rapport, Mme Bachelet omet que la situation actuelle dans le pays est due à la féroce attaque et au blocus économique, financier et commercial que les États-Unis mènent ouvertement contre le noble peuple vénézuélien, qui lui a retiré plus de 30 milliards de dollars de ses actifs pétroliers à l’étranger, qui a bloqué et confisqué plus de 7 milliards de dollars destinés à l’achat de nourriture et de médicaments, il a interdit le règlement de la dette vénézuélienne, et il persécute toute entreprise qui fait du commerce avec le Venezuela. (4)

Revenons mieux à la CLAP, dans notre rue un groupe whatsapp s’est formé avec le recensement de la zone, au moyen duquel l’on est averti quand la nourriture va arriver et à partir de ce moment, chacun dépose sur le compte du responsable de cette fonction, un voisin, le montant à payer, une somme minuscule qui couvre les coûts et dépenses de logistique que tous sans exception peuvent couvrir puisque le montant est bien inférieur aux prix du marché.

Les CLAP ont commencé à fonctionner en 2016, avec la participation de diverses organisations de base du pouvoir populaire, ainsi que de la Milice bolivarienne (5), de la Force armée nationale bolivarienne, de la Police nationale bolivarienne, du Corps de police de l’État et des municipalités, chacune ayant une fonction spécifique et commençant à porter ses fruits après quelques mois : la priorité, la garantie du droit à l’alimentation de première nécessité, est également un moyen de surmonter le sabotage économique interne : C’est aussi un moyen de vaincre le sabotage économique interne : des entrepreneurs qui, par la spéculation, gonflent les prix et provoquent des pénuries en accumulant les produits de première nécessité et, enfin et surtout, un moyen d’éviter le blocus économique imposé au Venezuela par les États-Unis ; des accords avec des entreprises et pays qui acceptent de vendre leurs produits dans le pays, malgré la menace des sanctions. La plupart des produits que nous avons reçus proviennent du Mexique, du Brésil et de la Turquie. Toutefois, des produits sont également importés du Canada et des États-Unis.

Il est évident pour moi que tout ce déploiement du gouvernement, non seulement pour répondre aux besoins alimentaires des plus vulnérables, mais aussi en matière de santé, d’éducation et de logement, a fonctionné, et c’est la raison pour laquelle, bien qu’ils aient essayé par tous les moyens de faire échouer cette tentative, avec succès et erreurs comme toute tentative de construire un modèle différent du capitalisme, ils n’ont pu ni renverser le président Maduro ni diminuer considérablement le soutien que le gouvernement continue à avoir.

Pour le prouver, maintenant la nouvelle cible des sanctions américaines sont les CLAP, des mesures coercitives sont appliquées aux entreprises vénézuéliennes et étrangères liées au programme alimentaire. Le président Nicolas Maduro a dénoncé le fait que plusieurs navires chargés de vivres pour le programme CLAP n’étaient pas autorisés à se rendre au Venezuela et que dix compagnies maritimes étaient passibles de sanctions pour avoir apporté des articles essentiels au pays.

Dans des déclarations récentes, le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin a dénoncé ce qui suit : « Le réseau de corruption qui gère le programme CLAP a permis à Maduro et à sa famille de voler le peuple vénézuélien. Ils utilisent la nourriture comme une forme de contrôle social, pour récompenser les partisans politiques et punir les opposants, tout en empochant des centaines de millions de dollars grâce à une série de stratagèmes frauduleux » sans apporter la moindre preuve de telles accusations.

Ce vendredi 2/08, l’ambassadeur du Venezuela auprès des Nations Unies, Samuel Moncada, lors de sa participation devant le Conseil de sécurité des Nations Unies (ONU) a dénoncé l’intention des États-Unis de fabriquer une famine dans le pays : « Aujourd’hui, nous venons dénoncer le gouvernement des États-Unis pour avoir essayé de fabriquer une famine au Venezuela, pour s’approprier nos ressources naturelles et recoloniser notre nation. C’est un crime contre l’humanité. Nous dénonçons comment les mesures d’extorsion ont pour effet de voler et de piller nos richesses nationales en s’appropriant illégalement des raffineries, de l’or monétaire et d’autres instruments financiers d’une valeur supérieure à 30 milliards de dollars, qui sont essentiels pour satisfaire les besoins vitaux de notre peuple ». Moncada a averti que les États-Unis ont l’intention d’imposer un blocus naval ou une quarantaine au Venezuela, en raison du désespoir de l’administration de Trump de ne pas être en mesure de soumettre le peuple vénézuélien.

Diosdado Cabello, premier vice-président du Parti socialiste unifié du Venezuela, a déclaré : « l’on pourra bloquer les côtes, le ciel et même les terres, mais ce que M. Donald Trump ne pourra jamais bloquer, c’est la dignité d’un peuple qui ne se rend à rien et se sent libre ».

Ce mercredi 31/07, le gouvernement vénézuélien a dénoncé le vol des ressources du pays après qu’un tribunal américain a autorisé la société minière canadienne Crystallex à confisquer les actifs du pays afin de recevoir 1,2 milliard de dollars en compensation. La société aurait l’option de prendre CITGO, une raffinerie de pétrole vénézuélienne aux États-Unis, la société a son siège social à Houston, au Texas. Actuellement, son infrastructure se compose de 3 raffineries et de 48 terminaux actifs de stockage et de distribution de produits raffinés, avec quelque 6 000 stations-service marquées sous sa marque, d’une capacité de raffinage de 750 000 barils de pétrole par jour. C’est la plus grande filiale de l’entreprise publique Petróleos de Venezuela (PDVSA).

Les États-Unis ont reconnu comme avocat de la défense de CITGO José Ignacio Hernández, qui a été nommé à cette fonction par l’autoproclamé Juan Guaidó, un avocat qui, jusqu’il y a quelques semaines seulement, représentait les plaignants. Comme prévu, l’avocat s’est révélé un perdant dans sa défense du Venezuela, mais un gagnant dans ses propres intérêts. Le président de l’Assemblée nationale constituante, Diosdado Cabello, a affirmé que le Venezuela n’enverra plus de pétrole aux raffineries de CITGO. « Donald Trump a déclaré que celui qui voulait de l’aide américaine devait payer. Eh bien, le paiement est Citgo. Le paiement que Guaidó a offert en échange de quelque chose. Ce qui est mauvais pour eux, c’est que ces raffineries sont spécialement conçues pour le pétrole vénézuélien extra lourd et qu’à partir de là, ils ne recevront pas une goutte de pétrole », a déclaré Cabello.

Pendant que toutes ces attaques ont lieu et le 6 août, une réunion aura lieu à Lima, au Pérou, avec le groupe de pays qui reconnaissent l’autoproclamé Juan Guaidó comme président en charge du Venezuela, depuis mai, avec la médiation du gouvernement du Royaume de Norvège, les représentants du gouvernement et l’opposition vénézuélienne ont initié des réunions de dialogue pour faire avancer les accords pour la stabilité politique du pays, ceci après les quelque 600 appels au dialogue que le chef d’État a fait depuis 2013.

Si l’on examine le panorama actuel de l’escalade des tensions, avec 78 violations de l’espace aérien vénézuélien par des avions espions américains depuis le début de l’année, ce que le chef du Commandement du Sud des États-Unis reconnaît ouvertement, nous constatons que le dialogue entre le gouvernement et l’opposition surmonte des obstacles, les menaces, les mesures irrationnelles et la stridence des fonctionnaires de la Maison-Blanche deviennent de plus en plus fortes afin de faire plier le Venezuela, comme Obama a justement dit, même s’il faut affamé les gens, ce brave et digne peuple du Venezuela.

1) Article « Donner naissance à l’avenir au Venezuela »

2) Foires de la Campagne souveraine

3) Plan nacional pour la distribution de protéines animales

4) Lettre que le Président Maduro a envoyé à Michelle Bachelet

5) Milicia Bolivariana

Catégories: Amérique du Sud, Politique
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