[Dakota du Nord] Le conflit de Standing Rock atteint la Suisse : les actionnaires CS et UBS doivent agir

18.11.2016 - Rédaction France

[Dakota du Nord] Le conflit de Standing Rock atteint la Suisse : les actionnaires CS et UBS doivent agir

Depuis des mois, dans la région de la réserve d’autochtones de Standing Rock dans l’Etat américain du Dakota du Nord, le chantier d’un oléoduc suscite de violentes contestations. Les deux plus grandes banques suisses, UBS et le CS, détiennent un nombre considérable d’actions dans les sociétés impliquées.

Les manifestant-e-s, et surtout les autochtones de la tribu Sioux, luttent contre la destruction des sites culturels de haute importance et redoutent de graves dommages environnementaux. Les protestations soutenues, qui sont assombries par des violations des droits humains et une violence policière massive, ont entraîné une interruption provisoire du chantier.

Les entreprises concernées sont en train de saisir le tribunal pour contester cette situation. La Société pour les peuples menacés exhorte les banques à agir.L’oléoduc Dakota Access Pipeline prévu dans le nord des Etats-Unis devrait permettre d’acheminer 470 000 barils de pétrole en moyenne par jour à travers quatre Etats fédérés. Le réseau de conduites souterrain, d’une longueur de près de 1900 kilomètres, doit passer sous plusieurs fleuves. C’est l’une des principales raisons pour lesquelles le pipeline est très contesté dans la région de la réserve de Standing Rock dans le Dakota du Nord. La population locale de la tribu des Sioux redoute des fuites dans l’oléoduc, qui non seulement paralyseraient l’approvisionnement en eau potable, mais occasionneraient également de lourds dommages environnementaux à moyen et long terme.

En outre, le tracé planifié du pipeline passe au milieu d’un cimetière et d’autres terres considérées comme sacrées par les autochtones.

En avril de cette année déjà, des campements ont été installés sur le site où la construction de l’oléoduc est planifiée, afin de manifester pacifiquement contre le projet. En septembre, les protestations ont été plus virulentes et les autorités compétentes ont demandé le gel de la construction. Toutefois, un tribunal national n’a pas tardé à annuler cette décision. Entre temps, les manifestant-e-s ont reçu le soutien du monde entier. Ainsi, le nombre d’activistes présents sur place a franchi le cap du millier et les manifestations de solidarité à l’égard du peuple sioux sont venues du Japon, de la Nouvelle-Zélande, et surtout aussi, de la Suisse. Au cours de ces dernières semaines, les forces de l’ordre ont réagi avec une violence croissante : elles ont utilisé du gaz lacrymogène, des balles en caoutchouc et des canons à eau contre les manifestant-e-s pacifistes et ont déjà arrêté pas moins de 400 militant-e-s à ce jour. Cette répression, ainsi que les conditions de détention inhumaines, sont en en cours d’examen par un rapporteur spécial de l’ONU, qui a d’ores et déjà constaté de graves violations des droits humains dans son compte rendu publié récemment. La population locale autochtone doit être consultée

L’affaire a pris un nouveau tournant lorsque, lundi passé [NDE. 14/11/2016], l’autorité administrative compétente a décidé de suspendre à nouveau le chantier jusqu’à ce que la procédure de consultation auprès de la population locale soit terminée.

A peine un jour plus tard, les sociétés d’exploitation ont porté plainte contre cette décision devant le tribunal de district de Washington. Si elles gagnent ce procès, elles pourraient contraindre l’Etat à faire passer les intérêts économiques des entreprises avant les droits humains. « Cette plainte est une évolution inquiétante de la situation et nous devons impérativement y mettre un terme », affirme Christoph Wiedmer, co-directeur de la Société pour les peuples menacés Suisse. « Il ne doit pas être possible que des entreprises contraignent un Etat, en portant plainte, à interrompre le dialogue avec la population concernée.

Par de telles actions, les entreprises se rendent coresponsables des violations des droits humaines », poursuit C. Wiedmer.Il se trouve que les grandes banques suisses, le Credit Suisse et UBS, jouent un rôle important dans ce projet d’oléoduc contesté. Le Credit Suisse et UBS détiennent en effet un nombre considérable d’actions d’une valeur globale de près de 130 millions (CS) et de près de 570 millions (UBS) de francs suisses dans trois des quatre entreprises impliquées, parfois appelées Energy Transfer Family : Energy Transfer Partners, Energy Transfer Equity et Sunoco Logistics Partners. De plus, aussi bien le CS qu’UBS ont accordé aux trois entreprises susmentionnées des crédits pour un montant global de près de 340 millions de francs suisse.

« Nous exhortons ces deux grandes banques à prendre clairement position au sujet des reproches formulés à l’encontre du projet Dakota Access Pipeline », affirme avec insistance Christoph Wiedmer. « En leur qualité d’actionnaires, elles doivent également faire pression sur la « Energy Transfer Family » en faveur d’une résolution pacifique du conflit, et examiner la possibilité de retirer les fonds et de vendre les actions si le conflit n’est pas résolu de manière pacifique, comme la grande banque norvégienne DNB est en train de le faire actuellement. »

Catégories: Amérique du Nord, Communiqués de Presse, Opinion, Peuples originaires
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