Podemos, Syriza… On dirait le Sud…

16.07.2015 - Martine Sicard

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Podemos, Syriza… On dirait le Sud…
(Crédit image : ENEKO)

Pendant que ce samedi 11 juillet dernier se célébrait à Madrid le Forum pour le Changement organisé par Podemos, à Bruxelles l’Eurogroupe s’accordait, toutes portes closes, à liquider la Grèce et sa soif d’autonomie, pourtant exprimée librement lors d’un récent référendum.

Apparemment pas de relation, pur hasard? ou pas tout à fait…

Avec la participation active de mouvements sociaux, de la société civile ainsi que d’experts en différents domaines, tels que la femme de lettres et activiste Susan George, le sociologue Boaventura de Sousa Santos, le juriste Joan Garcés entre autres, plus de 3000 personnes ont travaillé en commun durant toute la journée à Madrid dans le but de contribuer à l’élaboration d’un programme de changement pour le pays. Les élections générales peuvent en effet être convoquées à tout moment, le gouvernement tentant de prendre par surprise les nouveaux partis.

Et lorsque lors du meeting final Pablo Iglesias lançait un cri plein d’espoir telle une bouée à Tsipras  » Alexis attend ! nous arrivons  » on comprend mieux les décisions de la Troïka envers la Grèce.

Oui ! c’est bien de cela dont il s’agit de la part de la Troïka. Envoyer un signal, un avertissement envers Podemos et tout autre tentative politique de la part en particulier des peuples du Sud épris d’émancipation.

Rappelons de plus que Tsipras avait montré publiquement son soutien à Podemos en Novembre dernier à Madrid et que Pablo Iglesias en avait fait de même à Athènes. (Podemos et Syriza ont en commun le fait de s’opposer aux politiques d’austérité et de siéger dans les rangs du groupe Gauche unie européenne au Parlement de Strasbourg, même si leur histoire, leur positionnement et leurs références divergent sur certains points).

Car si on pouvait regarder avec un certain paternalisme et démagogie les mouvements sociaux apparus depuis mai 2011 sur la place publique de Syntagma à Athènes et à la Puerta del Sol de Madrid, ceux-là ne représentaient pas de réels dangers pour les intérêts des grands groupes financiers qui continuaient de dicter leur politique néolibérale à leur aise. Mais dès lors que ceux-ci commencèrent à s’articuler sous forme de nouvelles options politiques avec des modèles de fonctionnement nouveaux, transparents et participatifs, bref à mettre en place des mécanismes démocratiques de manière « populiste », et à revendiquer les droits à la santé et une éducation publique, à un logement digne, alors les choses changent !!! Voilà de plus qu’en Espagne ces nouvelles expressions politiques ont commencé à gagner des mairies et des communautés autonomes. En Grèce, ils osent questionner les décisions de Bruxelles en convoquant un référendum !!! Alors les campagnes de diffamation et désinformation en tous genres de la part de médias entre les mains de ces mêmes capitaux néolibéraux sont allées bon train…

Face à cet étranglement planifié de la Grèce, dans un communiqué de presse daté du 29 juin, Podemos se manifestait ainsi :

« … Devant l’ultimatum et le chantage des créanciers, le gouvernement grec a réagi de manière exemplaire : en donnant la parole à la citoyenneté pour qu’elle décide de manière démocratique et souveraine son propre avenir.

Avec leur intransigeance, les créanciers ont démontré que leur intérêt principal n’est pas de résoudre la crise de la dette grecque mais de soumettre et de démolir un gouvernement démocratiquement choisi pour démontrer qu’il n’y a pas d’alternative.

Syriza n’est pas responsable de la terrible crise économique qui affecte la Grèce. Ce sont les gouvernements de Nouvelle Démocratie et le PASOK, les alliés du PP et du Parti Socialiste Espagnol, ceux qui ont falsifié les comptes, ont livré la souveraineté du pays à la Troïka et ont légué au gouvernement de Syriza une catastrophe économique et sociale. 

Aujourd’hui en Europe il y a deux camps opposés : l’austérité et la démocratie, le gouvernement du peuple ou le gouvernement des marchés et de ses pouvoirs non élus. Nous sommes avec la démocratie. Nous sommes avec le peuple grec. »

Oui, en ce 14 juillet symbole de liberté, égalité, fraternité, nous aurions aimé que le président français profite de l’occasion pour revendiquer ces valeurs et les droits des peuples à disposer d’eux-mêmes pour tous les pays d Europe plutôt que faire une démonstration de force militaire et y inviter des militaires d’un pays tel que le Mexique.

Au lieu de se faire l’écho des tenants des actions de l’Ibex 85 et des banquiers, il est temps de retrouver et faire souffler cet esprit révolutionnaire pour inviter les peuples d’Europe à se soulever et se rebeller cette fois de manière non-violente.

Sinon ce ne sera pas la Bastille que prendront les peuples d’Europe mais le parlement de Bruxelles lors de ses marches populaires qui sont en train de se préparer pour l’automne et qui vont parcourir plusieurs pays d’Europe depuis le Sud.

Une information de dernière minute nous apprend que dans l’interview qu’il a accordée le 14 juillet dernier à la télévision publique de son pays, le premier ministre grec Alexeï Tsipras semble cautionner une bonne partie du sort futur de la Grèce à un équilibre de forces idéologiques au sein de l’Europe. Le leader grec a affirmé que l’Europe « peut changer » si dans les élections prévues cette année en Espagne gagnent des « forces semblables » à Syriza, et il a assuré vouloir rester au Gouvernement jusqu’à la célébration de celles-ci en Espagne.

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Image : Eneko, dessinateur et un illustrateur hispano-vénézuélien résidant à Madrid.  http://blogs.20minutos.es/eneko/

 




            
            
            
Catégories: Europe, International, Opinion, Politique
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