L’égalité pour les femmes, c’est le progrès pour toutes et tous

25.03.2014 - Silvia Swinden

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L’égalité pour les femmes, c’est le progrès pour toutes et tous
(Crédit image : .)

Photo : Une suffragette britannique, 1910 (Source : Wikipédia)

ONU : La Journée internationale de la femme, célébrée tous les ans le 8 mars, a eu pour thème : « L’égalité pour les femmes, c’est le progrès pour toutes et tous » en 2014.

Discours de la Directrice exécutive d’ONU Femmes, Phumzile Mlambo-Ngcuka, à l’occasion de la commémoration de la Journée internationale de la femme 2014 de l’ONU au siège des Nations Unies, New-York, le 7 Mars 2014

Votre Excellence, M. Ban Ki-moon, Secrétaire général des Nations Unies,

Votre Excellence, M. John Ashe, Président de l’Assemblée générale,

Votre Excellence, Mme Hillary Rodham Clinton,

Mme Andrea Nunez, vice-présidente du conseil d’administration de la World YWCA[1],

Excellences,

Mesdames et messieurs,

Je m’adresse à vous, consciente de l’importance historique de ce jour ; un jour où, il y a plus d’un siècle, des femmes courageuses sont descendues dans la rue pour demander de meilleures conditions de travail, la paix et à manger.

Nous avons parcouru un long chemin depuis les actions revendicatives de ces femmes, mais nous n’avons pas encore terminé ce qu’elles ont commencé.

Depuis lors, nous avons été témoins d’une avancée sans précédent en termes de droits des femmes.

Il y a plus de filles scolarisées, davantage de femmes sur le marché du travail et aux postes de direction ; de plus, les femmes vivent plus longtemps.

Il y a un siècle, seuls deux pays autorisaient les femmes à voter. Aujourd’hui, ce droit est presque universel, et plus d’un parlementaire sur cinq est une femme.

Aujourd’hui, plus de 125 pays ont interdit les violences faites aux femmes et les constitutions de plus de 139 pays garantissent les droits des femmes.

Néanmoins, malgré ces acquis le monde n’est pas encore au point en termes d’égalité des sexes et il y a encore beaucoup d’écart entre les textes et leur mise en œuvre.

En termes de lutte des femmes, l’un des faits marquants du 20ème siècle est survenu il y a 20 ans, lors de la Conférence des femmes de Pékin ; l’un des moments forts a été l’assertion : « les droits des femmes sont des droits humains » faite par notre invitée du jour, Mme Hillary Rodham Clinton. NOUS RENOUVELONS UNE NOUVELLE FOIS CET APPEL parce que l’égalité entre les hommes et les femmes demeure un rêve inaccessible.

Le visage de la pauvreté est celui d’une femme.

La majorité des pauvres et des analphabètes dans le monde sont des femmes et des filles. Si rien ne change, les filles d’Afrique sub-saharienne ne jouiront pas de l’accès universel à l’enseignement primaire avant 2086.

Une femme sur trois est victime de violences physiques ou sexuelles à travers le monde (aussi bien dans les pays riches que dans les pays pauvres). Des millions de femmes et de filles sont victimes de la traite des femmes et deviennent des esclaves des temps modernes.

Les filles sont mutilées et contraintes au mariage précoce ; au cours de la prochaine décennie, cette pratique malsaine touchera d’ailleurs plus de 15 millions de filles.

Cela doit provoquer l’indignation, parce que si même cela laisse indifférent… Pourtant, ces problèmes ne sont pas insolubles ; les solutions résident dans l’autonomisation de la femme.

Chacun de nous doit prendre position, franchir la ligne pour se trouver du bon côté de l’histoire, tout comme beaucoup d’entre vous l’ont fait dans la lutte contre l’apartheid… en tant que chefs d’États, journalistes, sportifs, chefs d’entreprises et citoyens.

Plus de 100 ans après la première Journée internationale de la femme, près de 20 ans après Pékin et 14 ans après les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), nous voici arrivés à un carrefour.

Face à cette injustice dont souffrent la moitié des habitants de la planète, NOUS DEVONS prendre des mesures beaucoup plus importantes et audacieuses.

Il est temps.

Les grandes idées peuvent surmonter de grands obstacles. Nous vivons à l’ère de la technologie, qui peut contribuer à améliorer les conditions de vie si elle est utilisée en ce sens. Ce matin, nous avons lancé une initiative, appelée She will connect (Elle se connectera), avec Intel afin d’étendre la culture numérique chez les filles en Afrique. Cette initiative porte sur la transformation économique et sociale, et elle cible 5 millions de filles.

Notre collaboration au sein du secteur des TIC s’étend aussi à Microsoft et à d’autres, là aussi dans l’optique d’améliorer les conditions de vie des femmes.

Nous devons faire de l’égalité des sexes une partie intégrante de tous les aspects de la vie et de l’ensemble des activités humaines.

Il existe des preuves irréfutables que l’égalité pour les femmes est un progrès pour tous. Cela conduit à une croissance inclusive tout en réduisant la pauvreté et les inégalités ; cela contribue également à la paix et à la sécurité.

L’égalité des sexes offre des solutions mondiales aux défis de notre génération, dont notamment la pauvreté, l’inégalité et l’insécurité.

Je l’ai constaté le mois dernier lorsque j’ai rendu visite aux réfugiés syriens et sud-soudanais.

Les femmes œuvrent pour la paix même dans les pires circonstances, et elles se battent contre la famine et pour gagner leur vie.

La voix des femmes doit être entendue.

Et il faut pour cela adopter des actions plus importantes et audacieuses de sorte que l’égalité pour les femmes PUISSENT CHANGER LA DONNE pour les femmes… pour les filles… et pour l’humanité toute entière.

Ensemble, nous pouvons choisir d’être libérateurs ou bien risquer de compter parmi les oubliés de l’histoire.

Ces actions audacieuses consistent à intégrer les droits de la femme, l’autonomisation des femmes et l’égalité des sexes à tout ce que nous faisons, aujourd’hui comme après 2015 ; elles consistent aussi à adopter des mesures et des modalités qui nous permettront d’avoir un impact significatif et transformateur. Le 21ème siècle nous donne l’opportunité de faire un grand bond en avant (et non pas de tout petits pas).

Le message clé qui traduit ce que nous devons faire, c’est ce que j’appelle l’impératif SHE (elle).

S pour la sécurité (Security) des femmes et des filles face à toutes les formes de violence,

H pour le respect des droits de l’Homme (Human rights) qui concernent la femme, dont les droits sexuels et reproductifs, les droits fonciers, l’égalité de rémunération, la reconnaissance des soins non rémunérés et l’ensemble des droits et des possibilités dont elle jouit.

E pour l’autonomisation de la prise de décision (Empowered decision-making) de la femme ainsi que pour son droit à diriger, au même titre que l’homme, et à l’égalité dans toutes les sphères de la vie.

C’est l’impératif SHE que nombre d’entre vous ont adopté comme objectif transformateur pour l’égalité des sexes afin de poursuivre la réalisation des OMD… conjointement avec l’intégration des politiques d’égalité entre les hommes et les femmes à tous les autres objectifs.

Aujourd’hui, je voudrais m’adresser aux hommes et aux garçons du monde entier.

Je tiens tout d’abord à féliciter ceux d’entre vous qui se sont engagés corps et âmes pour la cause des femmes et des filles. Nous appelons tous les autres à se joindre au mouvement, à se lever et à agir… car qui ne dit mot consent !

Dans un instant, je vais vous dévoiler notre nouvelle initiative suivant laquelle les hommes appelleront leurs frères, leurs pères, leurs fils et leurs amis à défendre leurs sœurs, leurs mères, leurs filles et leurs compagnes dans le cadre de notre campagne « He for She » (lui pour elle).

Cette initiative s’inscrit dans le cadre d’un effort plus vaste à l’approche de la commémoration de Beijing+20[2] de 2015.

Hommes et garçons du monde entier, qui représentez l’autre moitié de l’humanité, je vous invite, dans le cadre de la He for She campaign (campagne lui pour elle), à agir pour le changement en vous rendant VISIBLES ET AUDIBLES où que vous vous trouviez : dans les rues, dans les églises, dans les mosquées, dans les temples, dans les synagogues, dans les villages ou dans les villes. Rendez-vous sur notre site Web et rejoignez notre plate-forme numérique He for She, que nous vous présentons de suite pendant que notre site Web est mis en ligne.

Il faut plus d’actions soutenues… et plus urgentes. Nous pouvons et devons faire mieux car l’égalité pour les femmes, c’est le progrès pour toutes et tous !

Discours du Secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon pour la commémoration de la Journée internationale de la femme 2014 de l’ONU

Date : 07 mars 2014

Votre Excellence, M. John Ashe, Président de l’Assemblée générale,

Votre Excellence, Mme Hillary Rodham Clinton, cela me fait plaisir de vous revoir à l’Organisation des Nations Unies,

Mme Andrea Nunez, vice-présidente du conseil d’administration de la World YWCA,

Mme Phumzile Mlambo-Ngcuka, Sous-Secrétaire générale et Directrice exécutive d’ONU Femmes, merci pour votre leadership quant à votre première Journée de la Femme au poste de chef d’ONU Femmes,

Excellences,

Mesdames et messieurs,

Bienvenue à l’Organisation des Nations Unies et bonne Journée internationale de la femme.

Hier, j’ai rencontré une jeune femme extraordinaire à Londres. Elle s’appelle Fahma Mohammad.

Elle mène une campagne mondiale contre les mutilations génitales féminines. J’ai été profondément touché par la force de sa voix et la clarté de son message. Elle fait la différence en mobilisant tout le monde.

Avant Londres, j’étais en Sierra Leone. Il y a peu, les journaux du pays titraient : diamants de conflit… enfants soldats… amputations brutales. La Sierra Leone était synonyme de conflit insoluble… de conflit à rallonge…

Et pourtant, tout a changé. La Sierra Leone est toujours confrontée à des défis, mais il y règne la paix… avec des possibilités… et avec de l’espoir.

Je m’y suis rendu en vue de clôturer officiellement notre mission et d’affirmer notre soutien continu au développement pacifique du pays.

Le mérite de la transition de la Sierra Leone revient avant tout à la population locale.

À une époque où nous allons de crise en crise, leurs avancées nous rappellent que nous avons le pouvoir de changer les choses, de construire un monde meilleur.

C’est cet état d’esprit qui nous a réunis ici aujourd’hui.

Nous connaissons les défis qui nous attendent.

Partout dans le monde, la discrimination contre les femmes et les filles est endémique, et elle s’aggrave même dans certains cas.

Mais nous savons aussi que l’égalité pour les femmes, c’est le progrès pour toutes et tous.

Les pays avec davantage d’égalité entre les hommes et les femmes ont une croissance économique plus forte.

Les entreprises qui accueillent plus de femmes au sein de leur conseil d’administration obtiennent de meilleurs résultats.

Les accords de paix réussissent mieux s’ils impliquent des femmes.

Les Parlements qui comptent plus de femmes traitent davantage de sujets : santé, éducation, anti-discrimination, pensions alimentaires, etc.

L’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes ont toujours constitué mes priorités ; je me suis engagé à faire en sorte que l’ONU joigne le geste à la parole.

Aujourd’hui, le responsable n°1 de l’aide humanitaire de l’Organisation des Nations Unies… notre meilleur responsable de développement… le chef du Bureau d’appui à la consolidation de la paix et du Bureau de Support du Maintien de la Paix… les leaders en matière de droits de l’Homme et de désarmement… le Directeur exécutif du Programme Alimentaire Mondial… et même mon propre chef d’état-major… sont toutes des femmes.

Excellences,

Mesdames et messieurs,

Dans deux jours débutera la 58ème Commission sur le statut des femmes.

Elle portera sur les défis et les réalisations vis-à vis des Objectifs du Millénaire pour le Développement en faveur des femmes et des filles.

Il y a eu des progrès notables : plus de filles dans les écoles, davantage de femmes dans les Parlements.

Pourtant, ces avancées ont été irrégulières et trop longues à venir.

Les petites filles d’aujourd’hui sont encore touchées par la discrimination et les inégalités, et ce indépendamment de leur situation géographique.

Nous devons nous engager à respecter le droit des femmes à vivre libres de toute forme de violence (n’oublions pas qu’un tiers des femmes en subissent dans le monde) ; à toucher le même salaire que les hommes pour un même travail ; à être sur un pied d’égalité avec les hommes quant aux décisions qui touchent à leur vie ; et à respecter leur droit fondamental de décider elles-mêmes si elles veulent des enfants ou non, à quel moment et combien elles en veulent.

À toutes les filles nées aujourd’hui, ainsi qu’à toutes les femmes et les filles du monde entier, nous tenons à vous dire que les droits de l’Homme ne sont pas une utopie.

Ils sont un devoir que nous devons tous œuvrer à concrétiser jusqu’à ce qu’ils deviennent réalité.

Lire le discours intégral ici

 

(Traduit de l’anglais par Florian MORINIÈRE)



[1] La World YWCA n’est autre que la World Young Women’s Christian Association (littéralement : Association chrétienne mondiale des jeunes femmes). Cette association a été fondée en 1855 par deux Londoniennes, Emma Robarts et Mary Kinnaird, qui avaient la conviction que les femmes devaient s’entraider et que rien n’est impossible avec l’aide de Dieu.

Concrètement, il s’agit d’un réseau mondial de femmes œuvrant pour un changement social et économique dans plus de 120 pays à travers le monde ; elles défendent la paix, la justice, les droits de l’Homme et la protection de l’environnement. Elles sont également à l’avant-plan de l’autonomisation des femmes depuis plus d’un siècle.

[2] Procédé d’évaluation de l’application, par les gouvernements et les autres parties prenantes, de la déclaration de Pékin et de la plate-forme européenne d’action adoptées lors de la 4ème Conférence mondiale sur les femmes de Pékin en 1995.

Catégories: Droits humains, International
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