Comment le débat des droits des homosexuels a commencé à l’ONU

06.02.2013 - Pressenza IPA

Comment le débat des droits des homosexuels a commencé à l’ONU
(Crédit image : Navi Pillay. Image : Wikimedia Commons)

Bonjour, ici Navi Pillay, la Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme.

Ici-même, au Siège de l’ONU à New York, une décision historique a été rendue il y a un peu plus de 17 ans.

C’était le 31 mars 1994. Un jeune homme australien nommé Nicholas Toonen, qui militait pour les droits de l’homme, avait déposé une plainte devant le Comité des droits de l’homme de l’ONU, organe qui est chargé d’interpréter et d’appliquer  le Pacte international relatif aux droits civiques et politiques. M. Toonen affirmait que ses droits étaient bafoués du fait  d’une loi qui, dans sa Tasmanie natale, pénalisait toutes  relations sexuelles entre hommes majeurs consentants, même en privé.

Après avoir entendu les arguments des deux parties, le Comité des droits de l’homme a décidé qu’effectivement, l’Australie ne respectait pas les obligations internationales découlant de son adhésion au Pacte. Le Comité jugeait que la loi anti-sodomie en vigueur en Tasmanie enfreignait les droits de M. Toonen en l’exposant à la possibilité d’un procès et d’une peine, simplement parce qu’il était homosexuel et non hétérosexuel.

La loi tasmanienne avait aussi un effet nuisible plus général sur la société en renforçant les préjugés à l’encontre des homosexuels.

Cette affaire, nommée Toonen contre l’Australie, a marqué une étape déterminante pour les droits fondamentaux de millions de personnes. Par sa décision, le Comité des droits de l’homme reconnaissait à tous — hétérosexuels, homosexuels lesbiennes et bisexuels — le droit  d’être à l’abri de la discrimination.

Parfois les grands changements font beaucoup de bruit.

Parfois, comme à l’ONU, ils surviennent dans des salles de réunion normales, devant les équipes de procès-verbalistes et d’interprètes, avant d’être consignés dans des documents officiels qui seront traduits  dans plusieurs langues. Ce fut le cas de l’affaire Toonen,  qui a eu des répercussions partout dans le monde. La décision en faveur de Toonen a été maintenue. En Australie, l’État de Tasmanie a abrogé sa loi homophobe. Le signal était ainsi donné à tous les autres pays qui avaient des lois semblables.

Depuis, le Comité des droits de l’homme a réitéré sa position à plusieurs reprises au fil des décisions. En matière de droit relatif aux droits de l’homme, il est maintenant acquis qu’aucun État ne peut pratiquer la discrimination sur la base de l’orientation sexuelle. Ce principe a également été adopté par d’autres organes conventionnels de l’ONU qui s’occupent de divers aspects des droits de l’homme: interdiction de la torture,  droits des enfants, droits  économiques, sociaux et culturels et interdiction de la discrimination contre les femmes.

 

Depuis 1994, plus de 30 pays ont pris  des mesures pour décriminaliser l’homosexualité. Certains ont promulgué de nouvelles lois offrant une protection accrue contre la discrimination fondée sur l’orientation ou l’identité sexuelles.  De plus, dans plusieurs États, on assiste à une remarquable évolution des mentalités vers une plus grande acceptation des homosexuels et des lesbiennes.

Néanmoins, l’homosexualité demeure un crime dans plus de 70 pays, ce qui expose encore des millions de personnes au risque d’être appréhendées, incarcérées et même, dans certains cas, exécutées. Pourtant, ces gens n’ont fait de mal à personne et ne menacent personne : leur seul crime est d’être ce qu’ils sont et d’avoir aimé quelqu’un. De plus, dans de nombreux pays, l’homophobie demeure répandue, et les homosexuels, les lesbiennes les bisexuels et les transgenres continuent d’être victimes d’assassinats ciblés, d’agressions, de torture ou de viols.

L’an dernier, le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-Moon, a lancé un appel mondial à la décriminalisation de l’homosexualité. Il a appelé tous les pays à garantir l’égalité des droits de tous leurs citoyens, peu importe l’orientation ou  l’identité sexuelles de ces derniers. Ban Ki-Moon a rappelé que la Déclaration universelle des droits de l’homme a une portée universelle. Elle s’applique à chacun d’entre nous, qui que l’on soit, peu importe de quoi on a l’air et le sexe de la personne avec qui on partage sa vie. Aucune exception n’est permise.

Ce débat se poursuit encore de nos jours et porte sur nos croyances fondamentales. Il nous invite à respecter le principe de base sur lequel reposent tous les droits de l’homme : le principe selon lequel tous les êtres humains ont la même valeur et la même dignité.

Merci.

 

Source :  www.ohchr.org

 

 

 

 

 

Catégories: Diversité, Opinion
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