Profond désaccord entre les États­Unis et la Russie sur la manière de résoudre le conflit syrien

12.03.2012 - Buenos Aires - Télam - Agencia Nacional de Noticias de la República Argentina

Lors de cette rencontre à New York, la secrétaire d’État américaine, Hillary Clinton, a rejeté toute équivalence entre les actes de violence de l’opposition syrienne et les « meurtres prémédités » de la « machine militaire » du gouvernement légal du président Bachar al­Assad.

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a reconnu que M. al­Assad « a une énorme part de responsabilité » dans la crise, mais il a souligné qu’il ne s’agissait pas uniquement de répression de civils et que les soldats « ne luttaient pas contre des personnes sans armes mais contre des gangs armés et des groupes extrémistes et terroristes tels qu’Al­Quaïda ».

Le conflit en Syrie a commencé il y a un an par des manifestations contre Bachar al­Assad, coïncidant avec la vague de révolutions qui a touché la région, plus connue sous le nom de « printemps arabe ». Les violences se sont intensifiées lorsque l’apparition d’insurgés armés est venue s’ajouter à la répression, et l’ONU estime que le conflit a déjà fait plus de 7 500 morts.

Cette crise a divisé une partie de la communauté internationale, puisque les États-Unis et leurs alliés européens mettent l’accent sur la responsabilité et la répression opérée par Bachar al­Assad ainsi que sur la nécessité pour lui de se retirer, tandis que la Russie et la Chine remettent en cause les moyens et les objectifs de l’opposition.

Tous sont d’accord pour dire qu’il est essentiel de mettre fin aux violences ; toutefois, Moscou et Pékin rejettent toute intervention militaire extérieure visant à aider l’opposition ou à renverser le président al­Assad, tandis que les États-Unis et leurs alliés, bien qu’ils n’aient pas encore envisagé d’intervenir sur le plan militaire, affirment qu’il est urgent d’adopter des mesures radicales.

La réunion du Conseil de sécurité a été ouverte par M. Ban Ki­moon, Secrétaire général des Nations Unies, qui a appelé l’organe exécutif de l’ONU à parler d’une seule voix afin « d’éviter à la Syrie de sombrer dans une catastrophe encore pire », a rapporté la chaîne d’information CNN.

L’émissaire de l’ONU et de la Ligue arabe pour la Syrie, Kofi Annan, a fait part lundi 12 mars à Ankara, en Turquie, de sa profonde inquiétude concernant les violences en Syrie ; il a également déclaré que le monde devait envoyer un message clair pour que le massacre des civils cesse immédiatement.

M. Annan a quitté la Syrie dimanche 11 mars, après avoir rencontré Bachar al­Assad dans le cadre d’une mission –qu’il a précédemment qualifiée de « difficile »- pour tenter de résoudre le conflit.

Kofi Annan, prédécesseur de Ban Ki­moon au poste de Secrétaire général de l’ONU, a rencontré lundi 12 mars le premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, après s’être entretenu avec lui le dimanche précédent au Qatar.

L’émissaire prévoit de s’entretenir mardi avec des opposants syriens à Ankara, ont déclaré des membres de son équipe.

« Des rapports graves et épouvantables font état d’atrocités et d’abus. Le massacre de civils doit cesser maintenant. Le monde doit envoyer un message clair et uni dans ce sens », a déclaré M. Annan aux journalistes à son arrivée dans la capitale turque.

L’émissaire a ajouté que le processus diplomatique prendrait du temps.

« Il s’agit d’une situation très complexe. Nous allons continuer à exercer des pressions pour obtenir un accès élargi pour l’aide humanitaire, pour stopper les morts de civils et pour que tous se mettent à la table des négociations pour travailler sur une solution politique », a­t­il ajouté.

L’année dernière déjà, la Russie et la Chine avaient opposé leur véto à deux projets de résolution du Conseil de sécurité de l’ONU, en avançant que les textes –soutenus par les États­Unis- condamnaient uniquement Bachar al­Assad en le jugeant seul responsable des violences et exigeaient que les forces du gouvernement cessent les attaques alors qu’ils ne l’exigeaient pas de l’opposition.

À New York, la France et le Royaume-Uni, deux autres membres permanents du Conseil de sécurité, ont intensifié leurs critiques envers Bachar al­Assad et ont appelé Moscou et Pékin à revoir leur position.

« Après des mois de blocage, j’appelle la Chine et la Russie à entendre la voix des Arabes et de la conscience mondiale et à se joindre à nous », a déclaré le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé.

Toutefois, M. Lavrov a maintenu son opposition à une action « unilatérale » de l’ONU et a de nouveau condamné les attaques aériennes opérées par l’OTAN en Libye pour justifier son rejet de la campagne occidentale en Syrie.

Le ministre russe des Affaires étrangères a fustigé les efforts visant à « demander précipitamment un changement de régime, imposer des sanctions unilatérales visant à créer des difficultés économiques et des tensions sociales et encourager l’opposition à continuer à affronter les autorités au lieu de promouvoir le dialogue. »

M. Lavrov a ajouté que tous ces agissements sont des « recettes risquées d’ingénierie géopolitique qui ne peuvent qu’étendre le conflit ».

Traduction : Pauline Aschard

Catégories: Amérique du Sud, International, Relations internationales

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