Une protestation pacifique de femmes journalistes reçue à coups de matraque devant le palais présidentiel

14.12.2011 - Tegucigalpa - Reporters Sans Frontières

Parties de l’Université pédagogique Francisco Morazán, les manifestantes réclamaient justice pour les 24 journalistes tués depuis 2003, dont 17 durant la période consécutive au coup d’État du 28 juin 2009.

“Face à une situation des plus dramatiques pour les libertés publiques et les droits de l’homme, l’État hondurien n’a pour seule réponse que la répression. Cette attitude révèle toute sa responsabilité dans ce contexte et la claire continuité de la dynamique de persécution à l’œuvre depuis le coup d’État. La ‘réconciliation nationale’ prônée depuis l’Accord de Cartagena [http://fr.rsf.org/honduras-inquietude-sur-l-avenir-des-07-06-2011,40407.html](http://fr.rsf.org/honduras-inquietude-sur-l-avenir-des-07-06-2011,40407.html) n’est plus qu’un vain mot. La communauté internationale et les États latino-américains se doivent d’exiger à l’horizon 2012 des résultats tangibles dans les enquêtes sur les violations des droits de l’homme et la pleine coopération des autorités honduriennes en la matière. Faute de quoi, à l’approche des élections majeures de 2013, le pays risque à nouveau le chaos”, a déclaré Reporters sans frontières.

La mobilisation du 13 décembre fait notamment suite au dernier assassinat de journaliste en date, pour la première fois celui d’une femme en la personne de Luz Marina Paz Villalobos, le 6 décembre dernier [http://fr.rsf.org/honduras-une-journaliste-assassinee-un-08-12-2011,41527.html](http://fr.rsf.org/honduras-une-journaliste-assassinee-un-08-12-2011,41527.html). Comme l’a rappelé l’organisation C-Libre, partenaire de Reporters sans frontières, les protestataires entendaient également dénoncer les actes de censure et les persécutions systématiques dont souffrent les médias alternatifs et communautaires, ainsi que les défenseurs des droits de l’homme et les représentants des mouvements sociaux. Miné par la violence politique depuis le coup d’État de 2009, le Honduras compte, de façon générale, parmi les pays affichant les pires taux d’insécurité à échelle mondiale, à raison de 86 homicides pour 100 000 habitants.

“Nous sommes parvenues à bouger un peu la barrière de sécurité et à atteindre notre but, ce qui a rempli de colère les militaires en charge de surveiller le palais présidentiel qui, un peu plus loin, nous attendaient derrière une autre barrière métallique. Ils nous ont reçues en nous repoussant, en nous infligeant des coups de matraque et en nous jetant des gaz toxiques pour nous faire déplacer”, a témoigné auprès de Reporters sans frontières l’une des participantes, notant que les collègues présents lors d’une précédente manifestation, convoquée le 9 décembre à l’appel du Collège des journalistes du Honduras (CPH), avaient pu défiler sans le moindre heurt.

Pays le plus meurtrier du continent pour la profession après le Mexique, le Honduras compte cinq journalistes tués depuis le début de l’année, dont trois en lien direct ou hautement probable avec l’activité professionnelle.

Catégories: Amérique centrale, Communiqués de Presse, Relations internationales

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