Pressenza Paris, 25/7/11 Corinne Lepage, présidente du CAP21 (mouvement politique écologiste humaniste et citoyen, issu de la société civile), nous prévient des conséquences négatives qu’aura le décret 2011-832 ratifié le 12 juillet 2011, concernant la réforme de l’accord sur la protection de l’environnement et la désignation d’associations, d’organismes et de fondation d’intérêt public à l’intérieur de certaines instances.

« Ce décret fixe les conditions selon lesquelles les associations et fondations pourront participer aux débats sur l’environnement » nous explique-t-elle.

« Ce texte est un liberticide. Les associations perdent leur droit à être entendues. Cela touche en particulier les associations d’experts qui se sont révélées nécessaires afin de prévenir de possibles préjudices environnementaux ces dernières années », explique cette ancienne ministre de l’environnement en poste de 1995 à 1997.

« Pour pouvoir être présentes dans les instances importantes, les associations doivent compter au moins 2 000 adhérents. S’il s’agit d’associations d’utilité publique, cela signifie qu’elles devront être présentes dans la moitié des régions françaises au moins et disposer de plus de 5 000 donateurs. Avec ce décret, seuls les organismes publics qui abritent ces énormes associations auront le droit de donner leur avis sur les politiques environnementales. De plus, l’état se réserve le droit de vérifier le financement de ces associations pour s’assurer de leur « indépendance », nous explique-t-elle.
« En d’autres termes, non seulement ont-ils fait la sourde oreille face aux signaux d’alerte des spécialistes, que ce soit avec M. Borloo comme ministre ou avec la ministre actuelle, Mme Kosciuko-Morizet, mais en plus il ferme aujourd’hui la porte aux associations qui pourraient gêner les lobbies qui défendent le gouvernement », conclut la députée européenne.

De plus, ce décret empêche les citoyens de pouvoir dénoncer les politiques gouvernementales, puisque les exigences pour faire appel en justice sont plus grandes.

Mais ce n’est pas tout.

Le 30 juin 2011 est entré en vigueur un autre décret qui restreint encore davantage les libertés civiles, mais cette fois-ci d’un point de vue un peu moins amical. Il s’agit du décret 2011-795 relatif aux armes à feu susceptibles d’être utilisées pour le maintien de l’ordre public.

Ce dernier permet à la police et à l’armée de pouvoir utiliser des armes de guerre pour réprimer les manifestations qui présenteraient des scènes de violences, mais aussi pour les éviter. Cela signifie que si la police, la gendarmerie ou l’armée estime qu’une manifestation pourrait devenir violente, ils pourront utiliser des grenades et des balles en plomb pour éviter tout risque de violence.

Ce décret est passé dans un climat de haute tension sociale, puisque plusieurs états européens sont au bord de la faillite, adoptant des mesures d’austérité qui indignent de larges secteurs de la société. Les gouvernements s’attribuent toutes les instances pour soutenir, y compris avec les moyens de répression les plus sanglants, ce que beaucoup interprètent déjà comme un coup d’État économique.

Et les médias ?

Ils vont bien, merci. Mais entre le Tour de France, la grossesse de Carla Bruni, les aléas de l’affaire Strauss-Kahn et le marché footballistique de cet été, rien n’a été dit à propos de ces deux mesures qui portent atteinte à tous les citoyens français. Un été sous silence politique qui pourrait s’avérer très dangereux lors de la rentrée en septembre.

Le texte intégral du décret sur les armes à feu est disponible : http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000024287129&fastPos=1&fastReqId=1972265825&categorieLien=id&oldAction=rechTexte