Cameroun : A l’occasion de la Journée Mondiale de l’enfant Africain, regard sur les enfants des rues

16.06.2011 - Yaounde - François Tekam

Le 16 juin, les africains ont célébré la journée mondiale de l’enfant africain en souvenir du massacre des enfants de Soweto de 1976 par le régime de l’apartheid. Cette année, le regard se tourne vers les enfants de la rue qui font l’objet du thème : «Tous ensembles pour des actions urgentes en faveur des enfants de la rue » Ce thème devra impliquer toutes les couches sociales et contribuer à une plus grande prise de conscience sur les dangers auxquels sont confrontés les enfants de la rue et favoriser la prise de mesures urgentes en vue de leur protection.

Il s’agit de ces enfants qui n’ont pas eu la chance de grandir dans leur famille et d’aller à l’école. Selon une étude menée par la fondation Bernède à Yaoundé, on estime à plus de 10.000 le nombre d’enfants qui trainent dans les rues de la capitale politique du Cameroun et dont l’âge varie entre 12 et 16 ans. Ces enfants arrivent de tous les coins du pays ; à Yaoundé, la majorité est originaire des régions du Nord. La porte d’entrée est la gare centrale de Yaoundé où ces jeunes rencontrent leurs prédécesseurs, qui les initieront à la vie dans la rue : la délinquance, la toxicomanie, l’alcoolisme.

Le phénomène de la rue est présent dans toutes les villes du Cameroun, mais il devient de plus en plus visible et important dans les villes de Douala et de Yaoundé, en raison de son ampleur et des perspectives de travail qui y attirent les jeunes. Nous recevons des enfants et des jeunes d’un peu partout. D’après les estimations, 52 % de la population du Cameroun a moins de vingt ans. La moyenne des membres d’une famille est de 7 personnes. Cette moyenne est plus élevée en zone rurale où l’on peut compter jusqu’à 10 enfants et plus dans une seule famille. Il est évident que le bien être (droit à la santé, à l’alimentation, au logement, à l’éducation) de ces enfants ne peut être assuré entièrement. Le manque d’accès à l’éducation et aux autres services de base rend fort difficile la sortie de cette situation de pauvreté. Les jeunes sont agressifs, ils s’adonnent à la prise de stupéfiants et les plus désespérés tombent dans la rue.
A Douala, capitale économique, le scénario est le même. Tout le monde vous le dira, il est des endroits où il ne fait pas bon traîner la nuit tombée. Le boulevard de la Liberté, notamment, où tout peut vous arriver au nez et à la barbe des vigiles, et des passants. De jour comme de nuit, les enfants de la rue sillonnent l’endroit, Chaque jour, ils sont là. Présents comme à leur poste de travail. C’est en ces divers endroits qu’ils survivent tous les jours en exerçant toutes sortes de petits boulots. Les cas de vols dans les véhicules sont récurrents à ces endroits. La mendicité à laquelle se livrent ces enfants frise le harcèlement ou racket. Par groupes de deux ou plus, ils écument l’entrée des pâtisseries, des cafés, des banques, des magasins, des cathédrales etc. Poliment d’abord, ils vous demandent une pièce d’argent. S’ils ne l’obtiennent pas ils peuvent se montrer violent et les atteintes physiques peuvent suivre.

Ces enfants se retrouvent ainsi aux mêmes endroits, chaque année, même lors de la fête de leur journée mondiale. Beaucoup d’actions sont menée mais réelle efficacité. Au Cameroun il n’existe pas de véritable politique de prise en charge des enfants de la rue pour au moins en diminuer l’ampleur si ce n’est l’éradiquer.

Il est impératif de resocialiser ces enfants, par l’éducation, en les ramenant dans leurs familles respectives. Sur le plan institutionnel, le ministère des Affaires sociales dispose de toute une direction de l’enfance. En partenariat avec la Croix Rouge belge, ce ministère a mis sur pied le Centre d’écoute, il s’agit d’un projet de réinsertion socio-économique de ces enfants. Cependant, une vingtaine d’enfants seulement y sont hébergés. Ils arrivent dans ce centre chaque jour à leur rythme et repartent quand le toit qu’on leur propose et la pitance journalière leur paraissent ridicules. Le centre tourne au ralenti et ne réalise plus ses objectifs. Rien n’est proposé aux pensionnaires comme alternative pour les sortir de la rue, par exemple en apprenant un métier ou en allant à l’école. Dans ce centre, on évoque le manque de moyens pour expliquer cette situation.

Pendant ce temps, les structures d’accueil privé semblent plus adaptées à la situation. Chaque jour les associations et les ONG réussissent la réinsertion sociale de certains enfants de la rue à travers l’apprentissage d’un métier ou en les ramenant dans leurs familles.

Pour réduire la recrudescence des enfants dans la rue, plusieurs solutions sont évoquées par des sociologues : selon eux, il faut d’abord voir la cause de ce phénomène qui est moins la pauvreté que la crise de la famille à travers l’irresponsabilité parentale. A court terme, la solution idoine serait de rendre l’enseignement primaire et maternel gratuite et obligatoire pour tous.

François Tekam

Catégories: Afrique, Relations internationales

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