La Grèce sous le feu et la colère: manifestation d’un peuple opprimé

16.02.2012 - Athénes - Isabel Garcia

La Grèce sous le feu et la colère manifestation d’un peuple opprimé par les restrictions abusives du pouvoir.

Depuis le 10 février 2012, lorsqu’une grève générale de 3 jours a été annoncée, le peuple grec s’est jeté à nouveau dans la rue malgré le renforcement des milices de sécurité, au risque de se faire expulser ou meurtrir encore par les coups de matraque ou les gaz lacrymogènes.

Quelle est la raison de tant de colère ?

L’état de dette de la Grèce effraye le gouvernement et le réseau européen resserre l’étau de plus en plus et ajoute des menaces d’expulsion de la zone euro.
Le peuple grec a déjà du mal à survivre aux conséquences de cette dette : le blocage de l’économie actuelle, des suppressions d’emplois et d’incessantes fermetures d’entreprises.

La panique générale s’installe au sein de la population qui doit lutter jour après jour pour survivre, nourrir famille et enfants …

Malgré cette panique provenant de l’extérieur, le peuple grec pour la première fois fait preuve de maturité et réfléchit à la façon de résoudre cette situation étouffante de manière efficace et non violente…

Dans la population, de nombreux groupes se constituent et rassemblent leur énergie positive pour trouver des solutions saines pour le peuple. Ils s’unissent pour l’action et la revendication pacifique pour que leur voix soit entendue. Mais … peine perdue face à l’insécurité des gouvernants qui ont « la peur au ventre » de perdre leurs « possessions » et leur petit confort. Alors faudrait-il recommencer à zéro ?

Impensable pour ceux qui vivent avec de hauts salaires ou de grandes villas et qui ont des entreprises à faire fonctionner !!!

Impensable pour leur bien-être “personnel” bien sûr puisque la majorité de la population a tout perdu et n’a plus rien à perdre sinon leur dignité ou leur VIE . Ils sont prêts à descendre dans les rues, à se battre de manière non violente pour que la situation change, pour que les richesses soient acquises de façon juste, que le peuple retrouve sa place en incitant les plus aisés à le respecter tout en continuant de vivre aisément.

Mais non, les gouvernants ne veulent pas entendre, peut-être par habitude de n’en faire qu’à leur convenance sans penser aux trois quarts de la population qui en ce moment souffre incroyablement de vivre au jour le jour avec le peu qu’ils ont et avec l’espoir d’un avenir meilleur si ce n’est pour eux, au moins pour leur enfant…

Les mesures du plan de rigueur dépassent les limites du supportable :

• Baisse du salaire minimum à 586 euros par mois
• Nouvelle suppression de 15.000 emplois dans le secteur public
• Refus du Référendum demandé par le peuple.

Pour cette population déjà accablée par la situation difficile du pays, il est impensable de faire marche arrière, d’en supporter davantage : ils sont à bout. Il est quand même inhumain de penser qu’une telle souffrance doit être acceptée sans même revendiquer la correction ou la réflexion de la part de ceux qui l’imposent aux plus démunis.
Alors le feu… oui, mais ce feu symbolise le droit à une Vie Digne, le droit à la Liberté de Choisir et de prendre son destin en main, de dire Stop aux souffrances imposées par un gouvernement qui a l’air d’avoir oublié que le pays est formé d’êtres humains qui ressentent et qui souffrent et non de machines à produire leurs bénéfices uniquement…

N’est-ce pas contradictoire que ces entreprises ou ces gouvernants se dirigent droit dans un mur, celui qui est constitué de l’essence de ce qu’ils sont : L’ HUMAIN ?

Avarice ? Vide existentiel ?

Pas étonnant que la planète se détruise jour après jour si celle-ci est gouvernée par des personnes qui ont perdu en cours de route l’essence et l’éthique d’être vivants et adhèrent à celle des « morts vivants » !!!

Pourrait-on être à ce point inconscient des conséquences de telles mesures ou est-ce qu’elles font partie d’un plan organisé avec un but bien précis ?

Catégories: Droits humains, Europe, International, Opinion

À propos de l'Auteur


Rédactrice trilingue depuis 2010 à Pressenza Activiste défendant les droits à une éducation publique pour tous, contre les violences faites aux femmes et aux enfants, défendant les valeurs perdues de l'être humain au-dessus des finances.

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